Les passions et la concupiscence
Les passions sont les mouvements spontanés de l'âme devant ce qu'elle perçoit comme un bien ou un mal : le désir, la joie, l'espérance, la crainte, la colère, et les autres. Elles appartiennent à la nature humaine et accompagnent toute vie sensible. En elles-mêmes, elles sont moralement neutres : leur valeur tient à la fin vers laquelle la raison et la volonté les conduisent.
Ordonnées par la raison
Une passion sert le bien quand la raison la gouverne : la colère devant l'injustice, le désir du véritable bien, la crainte qui détourne du mal. Elle nuit quand elle emporte l'homme hors de la raison, vers ce qui l'éloigne de Dieu. La maturité morale consiste à les ordonner et à les mettre au service de l'amour du bien.
L'harmonie originelle
Avant la chute, l'homme possédait l'intégrité : ses passions suivaient la raison sans résistance, dans une parfaite harmonie. Ce don appartenait à la justice originelle, l'état de droiture dans lequel il fut créé. Le péché l'a perdu, et le désordre est entré dans la nature humaine.
La concupiscence
Depuis le péché originel, les passions n'obéissent plus spontanément à la raison : elles tirent souvent vers le mal avant même que la volonté ait choisi. Ce désordre intérieur porte le nom de concupiscence, la trace que la faute des origines a laissée dans la nature humaine et l'inclination au péché qui demeure en tout homme : « La chair convoite contre l'esprit, et l'esprit contre la chair. » Galates 5:17
Le terrain du combat
La concupiscence incline au mal sans l'imposer, et sans être elle-même un péché. Le baptême efface le péché originel, mais elle demeure, comme un terrain où la liberté s'exerce et se fortifie. Saint Paul en décrit l'épreuve : « Je ne fais pas le bien que je veux, mais je commets le mal que je ne veux pas. » Romains 7:19 La grâce donne la force de mener ce combat, auquel Dieu lui-même appelle l'homme : « Le péché est tapi à ta porte, mais à toi de le dominer. » Genèse 4:7