L'infaillibilité pontificale
L'infaillibilité pontificale est le don par lequel le pape, lorsqu'il définit solennellement une doctrine de foi ou de morale à tenir par toute l'Église, est préservé de l'erreur par l'assistance de l'Esprit Saint. Ce don porte sur son enseignement solennel, et s'exerce dans des conditions précises.
La promesse faite à Pierre
Le Christ a bâti son Église sur Pierre et lui a confié la garde de la foi. Il lui dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. » Matthieu 16:18 Et la veille de sa Passion : « J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » Luc 22:32 Le Seigneur prie lui-même pour que la foi de Pierre tienne, et lui donne d'affermir les autres. L'infaillibilité prolonge cette prière du Christ sur le successeur de Pierre.
Les conditions de l'acte infaillible
Le pape n'engage ce don qu'en réunissant quatre conditions. Il parle comme pasteur et docteur suprême de tous les chrétiens ; il use de son autorité apostolique suprême ; il définit une doctrine de foi ou de mœurs ; il la déclare à tenir par toute l'Église. On nomme un tel acte une définition ex cathedra, « du haut de la chaire » de Pierre. En dehors de ces conditions, dans ses homélies, ses entretiens, ses décisions de gouvernement ou ses opinions personnelles, le pape enseigne et mérite le respect, sans être couvert par ce don.
La garde du dépôt
Le don préserve de l'erreur en gardant le dépôt reçu. Le pape garde la foi transmise depuis les Apôtres et l'énonce fidèlement ; l'Esprit l'empêche d'égarer l'Église au moment où il fixe ce qu'elle doit croire. La révélation s'est achevée avec les Apôtres, et l'infaillibilité sert sa transmission fidèle, non l'ajout d'une parole nouvelle.
L'infaillibilité de l'Église
Ce don du pape découle d'une promesse faite à l'Église entière. Le Christ l'a assurée contre l'erreur, « les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle » Matthieu 16:18, et il lui a donné son Esprit : « l'Esprit de vérité vous conduira dans toute la vérité. » Jean 16:13 L'Église ne peut donc défaillir dans la foi. Le pape exerce ponctuellement cette infaillibilité qui appartient au corps tout entier, pour trancher quand l'unité de la foi est en jeu et garder tous les fidèles dans une même vérité.
Le pape demeure un homme
L'infaillibilité porte sur l'enseignement défini, et laisse intacte la condition humaine du pape. Il peut pécher, se tromper dans ses jugements, faillir dans sa conduite ; l'histoire en a connu de saints et d'indignes. Le don ne le rend ni saint ni omniscient. Il garde sa parole solennelle de l'erreur, afin que le troupeau confié à Pierre ne soit jamais enseigné dans le faux.
Sa définition au concile
L'Église a vécu cette assurance dès les origines ; elle l'a définie en propres termes au concile Vatican I, en 1870. Son exercice solennel reste rare. Deux proclamations mariales l'illustrent : l'Immaculée Conception, déclarée par Pie IX en 1854, et l'Assomption, déclarée par Pie XII en 1950. En plus de vingt siècles, le pape n'a parlé ainsi que pour fixer ce qui touche au cœur de la foi.