La virginité perpétuelle de Marie
Marie est demeurée vierge toute sa vie : avant, pendant et après la naissance du Christ. L'Église confesse ce triple privilège comme un dogme et l'appelle « toujours Vierge ». Il dit la consécration entière de Marie à Dieu et la nouveauté de ce qui s'accomplit en elle.
Avant l'enfantement
Marie conçoit le Christ sans le concours d'aucun homme, par la seule puissance de l'Esprit Saint. À l'ange qui lui annonce un fils, elle répond par l'étonnement de la vierge : « Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? » Luc 1:34 Et l'ange lui révèle l'œuvre de Dieu : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. » Luc 1:35 Le prophète l'avait annoncé : « Voici, la vierge concevra et enfantera un fils. » Isaïe 7:14
Pendant l'enfantement
Marie met au monde son Fils sans rien perdre de son intégrité virginale. Comme la conception, l'enfantement échappe au régime ordinaire issu de la chute : il se fait sans corruption et sans douleur. La peine d'enfanter avait été annoncée à Ève comme une suite du péché : « Tu enfanteras tes fils dans la douleur. » Genèse 3:16 Marie, préservée de tout péché dès sa conception, n'en porte pas la peine ; et celui qu'elle enfante est lui-même saint, conçu de l'Esprit. La sainteté de la mère et celle du Fils se rejoignent dans cette naissance, soustraite tout entière au régime de la chute, et qui devient le signe de son origine : cet enfant vient de Dieu. Le prophète Ézéchiel l'avait annoncée sous les traits d'une porte du Temple, par laquelle seul le Seigneur passe et qui demeure à jamais fermée : « Cette porte restera fermée, elle ne s'ouvrira pas ; nul n'y passera, car le Seigneur, le Dieu d'Israël, est entré par elle. » Ézéchiel 44:2 Marie est cette porte : Dieu seul est entré par elle, en se faisant homme, et elle est demeurée vierge. Le même mystère se laisse voir au soir de Pâques, lorsque le Ressuscité se tient au milieu de ses disciples toutes portes verrouillées : « Les portes étant fermées, Jésus vint et se tint au milieu d'eux. » Jean 20:19 Son corps glorieux passe sans rien rompre ; de même est-il né de Marie sans atteindre son intégrité.
Après l'enfantement
Marie demeure vierge toute sa vie, sans autre enfant. Ce que l'Évangile nomme les « frères de Jésus » désigne ses proches parents, non d'autres fils de la Vierge. Sa virginité n'appartient pas qu'au passé : elle est la consécration définitive de celle qui a porté Dieu, le sanctuaire que nul ne partage, réservé à lui seul.
Le sens
La virginité de Marie est un signe autant qu'un fait, et elle dit trois choses. Elle dit d'abord l'origine du Christ : n'ayant pas de père selon la chair, il vient de Dieu seul, Fils éternel entré dans le monde sans le concours d'une génération humaine. Elle dit ensuite le don total de Marie : vierge avant comme après, elle s'est remise à Dieu corps et âme, sans rien retenir. Elle annonce enfin une humanité nouvelle, qui ne naît plus de la chair mais de Dieu : « Ils ne sont pas nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu. » Jean 1:13 En Marie commence cette naissance d'en haut, que recevront à leur tour tous ceux qui renaissent dans le Christ.