Nouveautés
Juin 2026
Nouvel article : « L'ignorance invincible ».
Nouvelle catégorie de Doctrine : « La conscience et la responsabilité ».
« Réponse aux objections » : les articles doctrinaux renvoient à leur défense apologétique.
Approfondissement de plusieurs articles : le salut, l'Église, l'Eucharistie, la confirmation.
Nouvel article : « Jésus et Nicodème ».
Nouvel article : « Jésus devant Pilate ».
Nouvel article : « Laisse les morts enterrer leurs morts ».
Nouvel article : « Achetez une épée ».
Nouvel article : « Tendre l'autre joue ».
Nouvel article : « Élie à l'Horeb ».
Nouvel article : « Une fois sauvé, toujours sauvé ».
Nouvel article : « Le sola fide ».
Nouvel article : « Les anges ».
Nouvel article : « Le sola scriptura ».
Nouvel article : « Le prêtre ».
Nouvel article : « Le diacre ».
Nouvel article : « Le canon et les deutérocanoniques ».
Nouvel article : « Le séjour des morts ».
Nouvel article : « L'âge des martyrs ».

Tendre l'autre joue

« Tendre l'autre joue » appartient au Sermon sur la montagne, où le Christ reprend la loi ancienne pour la porter à son accomplissement. Par cette parole, il appelle à renoncer à la vengeance personnelle et à vaincre le mal par le bien. Elle est parmi les plus citées de l'Évangile, et parmi les plus déformées : on y lit souvent l'ordre de tout subir sans réagir, quand elle vise le cœur qui refuse de rendre le mal pour le mal.

Œil pour œil

La parole part de la loi ancienne, que le Christ cite avant de la porter plus loin : « Vous avez appris qu'il a été dit : Œil pour œil, dent pour dent. Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant ; si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre. » Matthieu 5:38-39 La règle d'origine venait de Moïse : « Œil pour œil, dent pour dent. » Exode 21:24 On l'entend d'ordinaire comme une loi dure, assoiffée de représailles. Elle était une mesure de modération : dans un monde où l'on tuait pour une offense, elle interdisait que la peine dépasse le tort, un œil pour un œil et rien de plus. Le talion bridait la vengeance en la rendant proportionnée. Là où la loi limitait la riposte, le Christ demande d'y renoncer.

La joue droite

Le détail de la joue droite précise le sens. Quand deux hommes se font face, une gifle de la main droite, donnée à pleine paume, tombe sur la joue gauche de l'autre ; pour atteindre sa joue droite, il faut le frapper du revers de la main. Ce coup du revers était le geste du mépris, la main qu'un maître levait sur un serviteur : une insulte, plus qu'un coup pour blesser. La parole vise donc l'affront et l'humiliation, là où l'atteinte touche l'honneur plus que le corps.

Tendre l'autre joue, c'est présenter la gauche : s'offrir à un second coup au lieu de rendre le premier. Le disciple se montre prêt à subir l'affront une fois de plus plutôt que de le retourner. Là est le but : ne pas entrer dans l'engrenage de l'offense. Celui qui rend l'insulte reçue relance la querelle et se laisse mener par celui qui l'a frappé ; celui qui tend l'autre joue interrompt cette chaîne et reste libre, maître de sa réponse au lieu d'obéir à son agresseur.

Le sens de la parole

Cette parole atteint d'abord le cœur. Elle demande au disciple de renoncer à se venger, d'accepter de souffrir un tort plutôt que de le rendre, de ne pas se faire justice à soi-même. Elle ne supprime pas pour autant la justice : l'autorité garde le devoir de punir le crime et de protéger l'innocent, et nul n'est tenu de livrer un faible aux coups d'un violent au nom de la douceur. Tendre l'autre joue engage la manière dont on répond à l'offense reçue en sa propre personne, non l'abandon de ceux qu'on a charge de défendre.

L'exemple du Christ

Le Christ lui-même montre comment l'entendre. À son procès, lorsqu'un garde le frappe au visage, il ne se tait pas et ne tend pas l'autre joue à la lettre, mais répond avec dignité : « Si j'ai mal parlé, montre ce que j'ai dit de mal ; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » Jean 18:23 Il ne rend pas le coup, et il ne laisse pas non plus l'injustice sans réponse : il la nomme, sans la venger. L'Écriture dira de lui qu'insulté, il ne rendait pas l'insulte : « Maltraité, il ne menaçait pas, mais s'en remettait à celui qui juge avec justice. » 1 Pierre 2:23 Tendre l'autre joue se règle sur lui : porter l'offense sans la retourner, en restant debout dans la vérité.

Laisser à Dieu la vengeance

Renoncer à se venger ne livre pas le tort à l'oubli : le disciple le remet à Dieu, seul juge assez juste pour le redresser. « Ne vous vengez pas vous-mêmes ; il est écrit : À moi la vengeance, c'est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur. » Romains 12:19 Il ne se résigne pas au mal, il le combat par les armes opposées : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien. » Romains 12:21 Le bien opposé au mal brise la chaîne que la vengeance entretiendrait.

Pour être fils du Père

Le terme de cette parole est la ressemblance avec Dieu. Quelques lignes plus loin, le Christ élargit le commandement jusqu'à l'ennemi : « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent. » Matthieu 5:44 Et il en donne la raison : agir ainsi rend semblable au Père, qui fait du bien sans séparer les bons des méchants. « Afin que vous soyez les fils de votre Père qui est dans les cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons. » Matthieu 5:45 Celui qui ne rend pas le mal imite la patience de Dieu envers les pécheurs, et s'approche de la mesure qu'il leur propose : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Matthieu 5:48