Nahum et l’Empire assyrien
Le livre de Nahum est un poème tout entier tourné vers un seul événement : la chute de Ninive, la capitale de l’Empire assyrien. « Oracle sur Ninive. Livre de la Vision de Nahum d’Elqosch. » Nahum 1:1. En trois chapitres, le prophète annonce la ruine de la ville qui avait écrasé tant de peuples. C’est une parole de jugement contre l’oppresseur, et en même temps une consolation pour ceux qu’il opprimait.
Le prophète Nahum
On ne sait presque rien de Nahum. Il est dit d’Elqosch, un village dont l’emplacement reste inconnu. Aucun récit ne rapporte sa vie ; seul son poème nous est parvenu. Son nom, en hébreu, signifie « consolation », et ce nom dit déjà le sens du livre : l’annonce de la chute de l’oppresseur console les opprimés.
L’Empire assyrien
Pour comprendre Nahum, il faut connaître Ninive. L’Assyrie était alors la plus grande puissance du Proche-Orient, et Ninive sa capitale, une ville immense et redoutée. Les rois assyriens menaient des guerres d’une cruauté qui terrifiait les peuples : villes rasées, populations entières déportées, vaincus suppliciés en public pour répandre la terreur et décourager toute révolte. En 722 avant Jésus-Christ, l’Assyrie détruisit Samarie et mit fin au royaume d’Israël, le royaume du Nord, dont elle déporta la population. En 701, son roi Sennachérib assiégea Jérusalem et ravagea Juda. En 663, ses armées prirent et pillèrent Thèbes, la grande cité d’Égypte. Aucune puissance ne semblait pouvoir lui résister.
La chute de Ninive
Cette puissance s’effondra pourtant en quelques années. Affaibli par des révoltes et des luttes internes, l’Empire assyrien déclina vite. En 612 avant Jésus-Christ, une coalition de Mèdes et de Babyloniens assiégea Ninive et la détruisit. La ville qui avait fait trembler le monde disparut presque sans laisser de trace. Nahum composa son poème dans les années qui précédèrent cette chute, qu’il annonça comme le jugement de Dieu.
Jugement et consolation
Pour Juda, qui avait subi pendant plus d’un siècle la menace assyrienne, la chute de Ninive était une délivrance. Nahum y reconnaît l’œuvre de la justice de Dieu : le Dieu d’Israël juge les nations, aucune puissance, si grande soit-elle, n’échappe à sa justice, et il n’oublie pas ceux qui souffrent. La ruine de l’oppresseur est l’autre face d’une promesse, celle de la protection de son peuple.