Les quatre oracles
Le livre tient en quatre messages, prononcés en l’espace de quelques mois, du sixième au neuvième mois de la même année. Ils vont du reproche à la promesse : Aggée commence par secouer un peuple installé dans ses soucis, puis, le chantier repris, il l’encourage et lui annonce la bénédiction de Dieu. Tous tendent vers la même chose : remettre Dieu à la première place.
Considérez vos voies
Le premier message tombe le premier jour du sixième mois. Le peuple répète que le temps n’est pas venu de rebâtir le Temple, tout en achevant et ornant ses propres maisons. Aggée retourne l’excuse : « Est-il temps pour vous autres d’habiter vos maisons lambrissées, quand cette maison-là est en ruines ? » Aggée 1:4. Puis il appelle chacun à examiner sa conduite, et le redit d’un message à l’autre : considérez vos voies. Et il montre où regarder, car leur travail ne porte pas de fruit : « Vous avez semé beaucoup et recueilli peu ; vous mangez, mais non jusqu’à être rassasiés ; vous buvez, mais non jusqu’à votre soûl ; vous êtes vêtus, mais non jusqu’à être réchauffés ; et le salarié gagne son salaire pour une bourse trouée. » Aggée 1:6. Cette disette a une cause : en délaissant la maison de Dieu pour les leurs, ils se sont privés de sa bénédiction. La leçon traverse tout le livre : donner à Dieu la première place, avant ses propres intérêts.
Le peuple se met au travail
Cette fois, le peuple écoute. Zorobabel, Josué et tout le reste du peuple entendent la voix du prophète ; le Seigneur réveille leur ardeur, et vingt-trois jours après le premier message, ils reprennent le chantier. À ce peuple qui se remet à l’œuvre, Dieu donne une parole de soutien : « Je suis avec vous, oracle du Seigneur. » Aggée 1:13.
La gloire à venir
Un mois plus tard, le vingt-et-unième jour du septième mois, vient le deuxième message. Le chantier avance, mais les plus âgés, qui avaient vu le Temple de Salomon avant sa ruine, sont déçus : à côté de l’ancien, le nouveau leur paraît bien pauvre. À ces anciens découragés, Dieu adresse une consolation. Il leur rappelle que l’argent et l’or lui appartiennent, et qu’il peut donc donner à cette maison sa gloire ; puis il promet davantage que ce qu’ils ont perdu : « Grande sera la gloire de cette maison ; la dernière plus que la première ; et en ce lieu je mettrai la paix, oracle du Seigneur des armées. » Aggée 2:9. La gloire de ce second Temple surpassera celle du premier.
Pureté et bénédiction
Le troisième message vient le vingt-quatrième jour du neuvième mois. Aggée interroge les prêtres, gardiens des règles du culte. Dans la loi d’Israël, certaines choses étaient saintes, mises à part pour Dieu, et d’autres impures, écartées du culte, comme le contact d’un mort. Il pose deux questions : si l’on porte une viande consacrée dans un pli de son vêtement et que ce pli touche un aliment, cet aliment devient-il saint ? Les prêtres répondent que non. Et si un homme rendu impur par le contact d’un mort touche un aliment, celui-ci devient-il impur ? Les prêtres répondent que oui. La sainteté ne se communique pas d’une chose à l’autre par simple contact, mais l’impureté, elle, gagne tout ce qu’elle touche. Aggée applique la règle au peuple : Dieu leur avait commandé de rebâtir sa maison, et tant qu’ils la laissaient en ruines, ils lui désobéissaient ; cette désobéissance les tenait impurs devant lui, et leur faute gâtait jusqu’aux offrandes qu’ils présentaient, qui ne pouvaient leur attirer la bénédiction. Maintenant que le chantier a repris, Dieu annonce un retournement : « Même la vigne, le figuier, le grenadier et l’olivier n’ont rien produit ; mais à partir de ce jour, je bénirai. » Aggée 2:19.
La promesse à Zorobabel
Le même jour vient un quatrième message, adressé à Zorobabel seul. Dieu annonce qu’il ébranlera les royaumes de la terre et renversera leur puissance, puis il se tourne vers le gouverneur : « Je te prendrai, Zorobabel, mon serviteur, et je ferai de toi comme un cachet ; car je t’ai élu, oracle du Seigneur des armées. » Aggée 2:23. L’anneau à cachet est le sceau qu’un roi portait à son doigt pour marquer ses décrets, signe de son autorité et de sa confiance. En faisant de Zorobabel son cachet, Dieu le marque comme son élu et renoue, à travers lui, le fil de la maison de David.