Le Dieu qui juge et qui sauve
Avant de décrire le siège de Ninive, Nahum consacre son premier chapitre à dire qui est Dieu. Le prophète dresse le portrait de celui qui va juger la ville : redoutable dans sa puissance, patient dans sa justice, bon pour ceux qui se confient en lui.
La manifestation de Dieu
Le poème s’ouvre sur une apparition de Dieu dans toute sa puissance. Devant lui, la création entière tremble : il menace la mer et la dessèche, fait tarir les fleuves, les montagnes s’ébranlent et les collines se fondent. Sa colère se déchaîne contre le mal comme un feu qui consume tout : « Devant sa fureur qui subsistera, qui tiendra contre l’ardeur de sa colère ? Son courroux se répand comme le feu, et les rochers se brisent devant lui. » Nahum 1:6. Aucune puissance de la terre ne tient devant lui.
La patience de Dieu
Cette puissance s’accompagne d’une longue patience. Dieu est patient : « Le Seigneur est patient et grand en force, et il n’accorde pas l’impunité. » Nahum 1:3. Il supporte longtemps le mal et laisse le temps de la conversion. Ninive en avait déjà fait l’expérience : autrefois, au temps du prophète Jonas, la ville s’était repentie à son appel et Dieu l’avait épargnée. Retombée dans la violence, elle voit maintenant venir le jugement. La patience de Dieu a un terme, et le jour arrive où il demande des comptes.
Un refuge au jour de la détresse
Au milieu de ces images de jugement, le prophète place une parole de douceur. Le même Dieu qui brise les rochers est un abri pour ceux qui cherchent en lui leur appui : « Le Seigneur est bon ; il est un refuge au jour de la détresse, et il connaît ceux qui se confient en lui. » Nahum 1:7. La puissance qui terrifie l’oppresseur protège l’opprimé. Le jugement de Dieu a deux visages : il abat le mal et met à l’abri ceux qui s’attachent à lui.
Le jugement de Ninive et la délivrance de Juda
Le prophète annonce alors le sort de Ninive : un flot débordant emportera la ville, et ses ennemis seront poursuivis jusque dans les ténèbres. Pour Juda, ce jugement est une libération. L’Assyrie avait posé sur lui un joug pesant : Juda devait lui verser de lourds tributs, des sommes exigées chaque année en signe de soumission, sous la menace constante de représailles. Dieu promet de briser ce joug : « Et maintenant, ô Juda, je briserai son joug de dessus toi, et je romprai tes liens. » Nahum 1:13. La chute de l’oppresseur est la délivrance de l’opprimé.
Le messager de la paix
Le chapitre s’achève sur une image lumineuse. Sur les montagnes paraît un messager qui court annoncer la bonne nouvelle de la délivrance : « Voici sur les montagnes les pieds d’un messager de bonnes nouvelles, qui annonce la paix. Célèbre tes fêtes, ô Juda, accomplis tes vœux ! » Nahum 2:1. La chute de Ninive ouvre pour Juda un temps de paix et de fête. La même annonce se retrouve ailleurs dans l’Écriture. Isaïe l’emploie presque dans les mêmes mots (Isaïe 52:7), et c’est ce passage d’Isaïe que l’apôtre Paul cite, en l’appliquant à ceux qui portent l’Évangile : « Qu’ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent le bonheur ! » Romains 10:15. Les pieds du messager qui apportait à Juda la nouvelle de la délivrance figurent désormais ceux qui portent au monde la bonne nouvelle du Christ.