Le baptême des petits enfants
Voir d’abord : Le Baptême.
On objecte parfois que le baptême suppose la foi, et qu’un enfant trop petit pour croire ne devrait pas le recevoir. L’Église baptise pourtant les petits enfants depuis les origines, parce que le baptême est d’abord un don de Dieu, reçu avant d’être compris.
L’enfant a besoin de la grâce
Tout homme vient au monde privé de la grâce sanctifiante, marqué par le péché originel hérité des origines. Le baptême efface ce péché et donne à l’âme la vie divine, qui fait de l’enfant un fils de Dieu. L’enfant est celui qui a le plus besoin de ce don, et l’Église le lui ouvre dès le seuil de sa vie, car la nouvelle naissance est nécessaire à tous pour entrer dans le Royaume. « Nul, s’il ne naît d’eau et d’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » Jean 3:5
La grâce ne se mérite pas
Le baptême donne gratuitement la grâce, la vie même de Dieu, avant tout mérite. Le nourrisson, qui ne peut encore rien offrir, manifeste mieux que tout autre cette gratuité : il reçoit tout par pure faveur. Attendre qu’il soit en âge de croire reviendrait à faire du salut une conquête de l’homme ; il est pur don. Le Christ lui-même ouvre son Royaume aux enfants. « Laissez les enfants venir à moi, et ne les empêchez pas, car le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. » Matthieu 19:14
La promesse est pour les enfants
Dès le premier jour de l’Église, l’annonce du salut englobe les enfants. À la Pentecôte, Pierre appelle au baptême et déclare : « Car la promesse est pour vous et pour vos enfants. » Actes 2:39 Les Apôtres baptisaient d’ailleurs des maisons entières, où se trouvaient enfants et serviteurs. Ainsi le geôlier de Philippes « fut baptisé, lui et tous les siens » Actes 16:33, et de même la maison de Lydie, « elle fut baptisée, elle et sa maison » Actes 16:15, et celle de Stéphanas, « j’ai baptisé aussi la maison de Stéphanas » 1 Corinthiens 1:16.
Comme autrefois la circoncision
Dans l’Ancienne Alliance, l’enfant entrait dans le peuple de Dieu par la circoncision, reçue au huitième jour, bien avant tout acte de foi personnel. Le baptême accomplit ce signe : il unit au Christ comme la circoncision unissait à l’alliance. « En lui vous avez été circoncis… ensevelis avec lui dans le baptême. » Colossiens 2:11-12 L’enfant chrétien reçoit ainsi ce que l’enfant d’Israël recevait déjà.
Baptisé dans la foi de l’Église
L’enfant ne peut pas encore croire par lui-même. Aussi est-il baptisé dans la foi de l’Église, celle de ses parents, de ses parrains et de la communauté qui l’accueille et s’engage à le faire grandir. La foi se reçoit et se transmet avant de devenir une réponse personnelle. Le baptême dépose d’ailleurs en l’enfant le germe même de la foi, vertu que Dieu infuse avec la grâce, et qui s’épanouira en acte personnel quand s’éveillera sa raison. Il est porté par elle jusqu’à ce jour, comme il est porté, dès sa naissance, par l’amour des siens. Ainsi le baptême des petits enfants ouvre la foi et l’appelle : le don de Dieu précède toujours la réponse de l’homme.