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Juin 2026
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La Semaine sainte

La dernière semaine s'ouvre par l'entrée royale à Jérusalem et s'achève au tombeau. En quelques jours s'accomplit ce vers quoi tendait toute la vie du Christ : sa Passion et sa mort pour le salut du monde. Les premiers jours se passent au Temple, en enseignements et en controverses qui durcissent l'opposition ; puis vient le Triduum, la Cène où il se donne en nourriture, l'agonie de Gethsémani, les deux procès, la Croix et le silence du tombeau. C'est l'heure pour laquelle il était venu.

L'entrée à Jérusalem

Six jours avant la Pâque, Jésus entre dans Jérusalem monté sur un ânon, comme le roi humble et pacifique qu'avait annoncé le prophète (Zacharie 9:9). La foule étend ses manteaux et des rameaux sur le chemin et l'acclame : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » Matthieu 21:9. Le Messie reçoit l'hommage royal, non sur un char de guerre, mais sur la monture de la paix. Cette acclamation, pourtant, attend un roi terrestre et ne reconnaît pas celui qu'il est ; dans quelques jours, les mêmes voix réclameront sa mort. C'est pourquoi, à la vue de la ville, Jésus pleure sur elle : elle n'a pas su reconnaître le temps où Dieu la visitait, et il annonce sa ruine.

Le figuier et le Temple

Jésus passe ces jours à Jérusalem et se retire chaque soir à Béthanie. Un matin, en revenant vers la ville, il a faim et s'approche d'un figuier couvert de feuilles, mais sans fruit ; il le maudit, et l'arbre se dessèche. Le signe vise une religion tout en apparences, féconde en feuilles et stérile en fruits : telle se montre la cité qui le rejette. Entré au Temple, il en chasse les vendeurs et les changeurs et leur reproche d'avoir profané le lieu : « Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations ; mais vous en avez fait une caverne de voleurs. » Marc 11:17. Le Temple, fait pour la prière et la rencontre de Dieu avec tous les peuples, avait été détourné en lieu de trafic ; Jésus le rend à sa vocation, et son geste annonce le jugement sur un culte vidé de son cœur.

La parabole des vignerons

Aux chefs qui contestent son autorité, Jésus répond par une parabole. Un maître plante une vigne et la confie à des vignerons ; au temps de la récolte, il envoie ses serviteurs chercher le fruit, mais on les bat et on les tue ; il envoie enfin son fils, et les vignerons le jettent hors de la vigne et le mettent à mort pour s'emparer de l'héritage. La vigne est Israël, les serviteurs sont les prophètes, et le fils, c'est lui-même, qu'on s'apprête à tuer. Il ajoute une parole sur la pierre rejetée : « La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle. » Matthieu 21:42. Rejeté par les chefs, il sera le fondement de l'édifice nouveau (Psaume 118:22). Les chefs comprennent qu'il parle d'eux et cherchent à l'arrêter.

Les pièges au Temple

On tend alors des pièges pour le prendre en faute. On lui demande s'il est permis de payer l'impôt à César, l'occupant détesté : répondre oui le brouille avec le peuple, répondre non le dénonce à Rome comme rebelle. Il fait montrer la pièce de l'impôt et demande de qui sont l'effigie et l'inscription : de César. « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Marc 12:17. La pièce porte l'image de César et lui revient ; mais l'homme porte l'image de Dieu (Genèse 1:27), et c'est à Dieu qu'il se doit tout entier. À qui lui demande le plus grand commandement, il répond par deux qui n'en font qu'un : aimer Dieu de tout son cœur, et son prochain comme soi-même ; toute la Loi tient à cet amour. Aux sadducéens qui nient la résurrection, il déclare que Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Puis il dénonce l'hypocrisie des chefs, qui chargent les autres de fardeaux qu'ils ne portent pas, et soignent le dehors en négligeant le cœur.

L'obole de la veuve

Assis devant le trésor du Temple, Jésus regarde la foule y déposer ses offrandes. Des riches donnent beaucoup de leur superflu ; une pauvre veuve y met deux petites pièces, tout ce qu'elle possède. Il appelle ses disciples et leur déclare qu'elle a donné plus que tous les autres : « Eux ont mis de leur superflu, mais elle, de son indigence, a mis tout ce qu'elle avait pour vivre. » Marc 12:44. Devant Dieu, le don ne vaut pas par sa grandeur, mais par l'amour et le sacrifice de celui qui donne : « Si tu as peu, ne crains pas de faire l'aumône selon ce peu. » Tobie 4:8.

Le discours sur la fin

En sortant du Temple, comme ses disciples en admirent les pierres, Jésus annonce qu'il n'en restera pas pierre sur pierre. Sur le mont des Oliviers, ils l'interrogent : quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe de sa venue et de la fin du monde ? Sa réponse vise deux événements distincts, qu'elle entrelace : la ruine prochaine de Jérusalem, dont le Temple sera renversé du vivant de cette génération, et son retour à la fin du monde, par-delà les siècles. Il met d'abord en garde contre l'illusion : de faux messies viendront, on entendra des guerres, des famines, des tremblements de terre, et les siens seront persécutés ; tout cela n'est que le commencement des douleurs, et l'Évangile doit d'abord être annoncé à toutes les nations. À la fin seulement paraîtra le signe du Fils de l'homme : il viendra sur les nuées, avec puissance et gloire, et rassemblera ses élus des quatre vents. Nul n'en connaît le jour, ni les anges, ni le Fils, mais le Père seul : comme Dieu, le Fils le connaît, mais selon sa nature humaine il ne l'a pas reçu pour le faire connaître. Il ajoute : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. » Matthieu 24:35. Aussi appelle-t-il à veiller : « Veillez, car vous ne savez ni le jour ni l'heure. » Matthieu 25:13.

Il achève sur le jugement dernier : le Fils de l'homme, sur son trône de gloire, sépare les hommes comme le berger sépare les brebis des boucs. Il met à part ceux qui l'ont servi sans le savoir, dans l'affamé, l'étranger, le prisonnier : « Ce que vous avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. » Matthieu 25:40. Les uns entrent dans la vie éternelle, les autres dans le châtiment éternel, selon l'amour qu'ils auront porté ou refusé.

La trahison de Judas

Les chefs cherchent à le faire périr sans soulever le peuple. L'un des Douze, Judas, vient à eux et offre de le livrer ; ils conviennent d'un prix, trente pièces d'argent, accomplissant la prophétie de Zacharie (Zacharie 11:12-13). Dès lors il guette le moment favorable. Celui qui partageait sa table et son intimité prépare en secret de le vendre.

La dernière Cène

Le soir venu, Jésus mange la Pâque avec les Douze, et porte cette Pâque à son terme : l'agneau pascal immolé pour la délivrance d'Israël laisse place à l'Agneau de Dieu. Il se lève, ceint un linge et lave les pieds de ses disciples, l'office d'un esclave, puis leur en donne le sens : « Si je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres. » Jean 13:14. Il leur laisse son commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Jean 13:34. Puis, prenant le pain, il le bénit, le rompt et le donne : « Ceci est mon corps, livré pour vous. » Luc 22:19 ; et de même la coupe : « Ceci est mon sang, le sang de l'alliance, versé pour la multitude. » Marc 14:24. Sous le pain et le vin, il se donne lui-même en nourriture et scelle dans son sang l'alliance nouvelle annoncée par Jérémie (Jérémie 31:31). Par les mots « Faites ceci en mémoire de moi » Luc 22:19, il confie aux siens de refaire ce qu'il vient d'accomplir, instituant le mémorial qui rend présent son unique sacrifice. Il annonce que l'un d'eux le livrera ; Judas sort dans la nuit. Et il prédit à Pierre, qui jure de ne jamais l'abandonner, qu'avant le chant du coq il l'aura renié trois fois.

Le discours d'adieu

Après le départ de Judas, Jésus parle longuement aux siens, comme un testament. Il les console de son départ : il va leur préparer une place dans la maison de son Père, et il est lui-même la route pour l'y rejoindre, « Je suis le chemin, la vérité et la vie ; nul ne vient au Père que par moi. » Jean 14:6. Il promet de ne pas les laisser orphelins : il leur enverra d'auprès du Père le Paraclet, le mot grec rendu par « défenseur » et « consolateur », paraklētos (παράκλητος), l'Esprit de vérité qui demeurera en eux et les conduira vers la vérité tout entière. Il se dit la vraie vigne dont ils sont les sarments : « Demeurez en moi, et moi en vous ; sans moi, vous ne pouvez rien faire. » Jean 15:4-5, et il montre jusqu'où va l'amour qu'il leur commande : « Nul n'a de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » Jean 15:13. Il les prévient enfin que le monde les haïra comme il l'a haï, mais que leur tristesse se changera en joie, et que tout ce qu'ils demanderont au Père en son nom leur sera donné.

La prière sacerdotale

Au terme de ce discours, Jésus lève les yeux au ciel et prie : c'est la prière qu'on nomme sacerdotale, car il s'y offre lui-même pour les siens, en grand prêtre. Il demande d'abord sa propre glorification, celle qu'il avait auprès du Père avant que le monde fût, afin que par lui le Père soit glorifié. Il prie pour ses disciples, que le Père les garde du mal et les sanctifie : « Consacre-les dans la vérité ; ta parole est vérité. » Jean 17:17. Il prie enfin pour tous ceux qui croiront par leur parole, demandant qu'ils soient un : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, afin que le monde croie que tu m'as envoyé. » Jean 17:21. L'unité des siens, fondée sur celle du Père et du Fils, devient le signe par lequel le monde reconnaîtra l'envoyé de Dieu.

Gethsémani

Sorti au jardin de Gethsémani, au pied du mont des Oliviers, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, les mêmes qui l'avaient vu transfiguré, et l'angoisse le saisit : « Mon âme est triste à en mourir. » Marc 14:34. Il s'écarte, tombe la face contre terre et prie : « Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi ; cependant, non pas ma volonté, mais la tienne. » Matthieu 26:39. La coupe est celle de la Passion qu'il va boire, le calice de la souffrance et de la mort. Vrai homme, il redoute la mort comme tout homme la redoute, et rien de sa divinité ne lui épargne cette épreuve. En lui se tiennent deux volontés, l'une divine, l'autre humaine ; sa volonté d'homme recule devant la mort, et librement il la remet à la volonté du Père. Dans ce « non pas ma volonté, mais la tienne », l'obéissance du nouvel Adam renverse la désobéissance du premier : ce qu'Adam avait perdu dans un jardin en préférant sa volonté à celle de Dieu, le Christ le redresse dans un jardin en livrant la sienne. Un ange du ciel vient le réconforter, et sa sueur devient comme des gouttes de sang qui tombent à terre (Luc 22:43-44). Par trois fois il revient vers ses disciples et les trouve endormis : « Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation : l'esprit est ardent, mais la chair est faible. » Matthieu 26:41. Judas survient avec une troupe armée et le désigne d'un baiser ; Jésus lui répond : « Judas, c'est par un baiser que tu livres le Fils de l'homme ? » Luc 22:48. Pierre tire l'épée et tranche l'oreille d'un serviteur ; Jésus la guérit et lui ordonne de rengainer, car il pourrait demander au Père des légions d'anges ; il choisit d'accomplir les Écritures : « Ne boirai-je pas la coupe que le Père m'a donnée ? » Jean 18:11. Tous les disciples l'abandonnent alors et fuient.

Le procès juif

On le conduit chez le grand prêtre Caïphe, où s'assemblent les chefs. Des témoins se contredisent. Le grand prêtre le somme enfin : « Es-tu le Christ, le Fils du Béni ? » Marc 14:61. Jésus répond : « Je le suis ; et vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel. » Marc 14:62. Il reprend la figure annoncée par Daniel, le Fils de l'homme qui vient sur les nuées recevoir la domination sur toutes les nations (Daniel 7:13-14). À ses juges, Jésus annonce qu'ils le verront revenir dans cette gloire, et qu'ils comparaîtront à leur tour devant lui.

Plus encore, en se disant assis à la droite du Tout-Puissant, Jésus revendique sa place dans le sanctuaire même de Dieu. Le grand prêtre qui l'interroge ne pénètre dans le lieu très saint qu'une fois l'an, et au péril de sa vie (Lévitique 16) ; or voici qu'un homme de chair se dit établi à demeure auprès de Dieu, là où nul n'a accès. Il déchire ses vêtements et crie au blasphème ; tous le jugent passible de mort. On le frappe et on le couvre de crachats. Au-dehors, Pierre, pressé de questions, jure par trois fois qu'il ne connaît pas cet homme ; le coq chante, le Seigneur se retourne et le regarde, et Pierre sort pleurer amèrement.

Le procès devant Pilate

Au matin, les chefs livrent Jésus au gouverneur romain Pilate, seul à pouvoir prononcer la mort. À la question de la royauté, Jésus répond : « Mon royaume n'est pas de ce monde. » Jean 18:36, et Pilate, troublé, demande : « Qu'est-ce que la vérité ? » Jean 18:38. Il ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Apprenant que Jésus est galiléen, il l'envoie à Hérode, qui régnait sur la Galilée et se trouvait alors à Jérusalem. Hérode, curieux de lui voir faire quelque miracle, le presse de questions, mais Jésus ne répond rien ; dépité, il le tourne en dérision avec ses soldats, le revêt d'un habit éclatant et le renvoie à Pilate. Celui-ci tente encore de le relâcher, proposant de gracier soit Jésus, soit le brigand Barabbas ; la foule, soulevée par les chefs, réclame Barabbas. Pilate le fait alors flageller. Les soldats tressent une couronne d'épines et la lui enfoncent sur la tête : l'épine est née de la terre maudite après la faute d'Adam (Genèse 3:18), et le nouvel Adam la porte sur son front, se chargeant de la malédiction du péché. Ils le revêtent d'un manteau de pourpre, lui remettent un roseau en guise de sceptre, puis le raillent en s'inclinant : « Salut, roi des Juifs ! », et le frappent. Pilate le montre à la foule, couronné d'épines : « Voici l'homme. » Jean 19:5, espérant l'apaiser ; elle hurle qu'on le crucifie et déclare : « Nous n'avons de roi que César. » Jean 19:15. Pilate se lave les mains du sang de cet innocent et le livre pour être crucifié.

La mort de Judas

Voyant Jésus condamné, Judas est pris de remords. Il rapporte les trente pièces aux chefs : « J'ai péché en livrant un sang innocent. » Matthieu 27:4. Eux le repoussent : cela le regarde, non eux. Il jette l'argent dans le Temple, se retire et se pend. De cette somme, les chefs achètent le champ d'un potier pour la sépulture des étrangers, qu'on appelle depuis le Champ du Sang.

La crucifixion

On le mène hors des murs de la ville, portant sa croix ; comme il défaille, on contraint un passant, Simon de Cyrène, à la porter derrière lui. Aux femmes qui se lamentent sur lui, il dit de pleurer plutôt sur elles-mêmes et sur leurs enfants : « Si l'on traite ainsi le bois vert, qu'adviendra-t-il du bois sec ? » Luc 23:31, annonçant le malheur qui fondra sur Jérusalem. Au lieu dit Golgotha, « lieu du Crâne », on le crucifie entre deux malfaiteurs : ainsi s'accomplit ce qu'Isaïe avait dit du Serviteur, « il a été compté parmi les criminels. » Isaïe 53:12. Les soldats se partagent ses vêtements et tirent au sort sa tunique, sans le savoir fidèles au psaume du juste souffrant (Psaume 22:19). Au-dessus de sa tête, un écriteau porte le motif de sa condamnation, en hébreu, en latin et en grec, pour que tous le lisent : « Jésus de Nazareth, roi des Juifs. » Jean 19:19. Les chefs, les soldats et les passants le raillent : « Il a sauvé les autres ; qu'il se sauve lui-même, s'il est le Christ, l'élu de Dieu. » Luc 23:35. Ils disent vrai sans le comprendre : il ne descend pas de la croix précisément parce qu'il sauve les autres, et c'est en n'épargnant pas sa vie qu'il la donne. Il prie pour ses bourreaux : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. » Luc 23:34. L'un des crucifiés l'insulte ; l'autre reconnaît sa faute et l'implore, et Jésus lui promet : « Aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis. » Luc 23:43. Voyant sa mère et le disciple qu'il aimait, il les donne l'un à l'autre : « Femme, voici ton fils », « Voici ta mère. » Jean 19:26-27. Ce disciple tient la place de tous les croyants : en le confiant à Marie, le Christ donne sa mère pour mère à toute l'Église.

La mort du Christ

De midi à trois heures, les ténèbres couvrent toute la terre. Celui qui meurt sur la Croix est la lumière du monde (Jean 8:12), et la création s'obscurcit avec lui : signe du jugement et de l'heure où le pouvoir des ténèbres semble l'emporter, comme le prophète avait annoncé un jour où le soleil se coucherait à midi (Amos 8:9). Jésus pousse alors un grand cri, priant l'ouverture du psaume 22 : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » Matthieu 27:46. Ce psaume du juste souffrant s'achève dans la délivrance et la louange : en le faisant sien, Jésus porte jusqu'au bout la détresse des pécheurs, sans que jamais soit rompue son union au Père. Il dit : « J'ai soif » Jean 19:28 ; à la soif de son corps épuisé, on répond par du vinaigre, accomplissant l'Écriture (Psaume 69:22). Il déclare alors son œuvre achevée : « Tout est accompli. » Jean 19:30 ; le salut pour lequel il était venu est désormais acquis. Il remet librement sa vie au Père : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Luc 23:46. À cet instant, le voile du Temple se déchire en deux du haut en bas. Ce voile fermait le lieu très saint, où se manifestait la présence de Dieu ; déchiré d'en haut, il signifie que la mort du Christ ouvre à tous l'accès de Dieu, désormais sans barrière. Le centurion qui le gardait s'écrie : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu. » Marc 15:39. Un soldat lui perce le côté d'un coup de lance, et il en sort aussitôt du sang et de l'eau, où l'Église reconnaît la source de ses sacrements, l'eau du baptême et le sang de l'eucharistie, jaillis de son côté ouvert.

La mise au tombeau

Le soir, un membre du conseil, Joseph d'Arimathie, demande à Pilate le corps de Jésus. Avec Nicodème, qui apporte une grande quantité de myrrhe et d'aloès, il l'enveloppe d'un linceul et le dépose dans un tombeau neuf, taillé dans le roc, où personne n'avait encore été mis. On roule une grande pierre à l'entrée. Les femmes venues de Galilée regardent où on le dépose. Le lendemain, les chefs obtiennent de Pilate que le tombeau soit scellé et gardé. Le grand repos du sabbat s'étend sur la terre, et tout se tait, dans l'attente du troisième jour.