La loi du culte et de la sainteté
Une part immense de la Loi règle le culte : comment Israël doit s’approcher de son Dieu, le servir, et demeurer un peuple saint au milieu des nations. Ce sont les préceptes que l’Église nomme cérémoniels, le sanctuaire et le sacerdoce, les sacrifices et le sang, le pur et l’impur, les fêtes et le sabbat. Tous ordonnaient la rencontre de Dieu et de son peuple, et tous portaient d’avance, en figures, le mystère du Christ qui devait venir les accomplir.
Le sanctuaire et le sacerdoce
Dieu voulut habiter au milieu des siens, et il leur fit construire une demeure, la tente au désert puis le Temple à Jérusalem, où sa présence reposait. « Ils me feront un sanctuaire, et je demeurerai au milieu d’eux. » Exode 25:8 Ce sanctuaire était ordonné avec un soin extrême, du plus saint au plus commun, pour apprendre au peuple que Dieu est proche mais qu’il est saint, et qu’on ne l’approche pas n’importe comment. Pour le servir, Dieu choisit une famille, celle d’Aaron, et institua un sacerdoce : les prêtres offraient les sacrifices, portaient le peuple devant Dieu et bénissaient en son nom, tandis que le grand prêtre seul pénétrait, une fois l’an, dans le lieu le plus saint. Tout un ordre réglait cette approche, pour graver dans les gestes la distance entre le Dieu très saint et l’homme pécheur, et le prix de la franchir.
Les sacrifices et le sang
Au centre du culte se tenaient les sacrifices. On offrait à Dieu des animaux et les fruits de la terre, en holocauste entièrement consumé pour l’adorer, en sacrifice pour le péché afin d’en être purifié, en sacrifice de paix pour rendre grâce et communier avec lui dans un repas partagé. Le sang tenait la première place, car il porte la vie, et la vie appartient à Dieu seul. « car c’est le sang qui fait l’expiation, parce qu’il est la vie. » Lévitique 17:11 Une fois l’an, au grand jour des Expiations, le grand prêtre obtenait le pardon de tout le peuple par un rite saisissant : sur la tête d’un bouc, il confessait les fautes d’Israël, puis on le chassait au désert, emportant sur lui les péchés loin du camp. « Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant et confessera sur lui toutes les fautes des fils d’Israël… il les placera ainsi sur la tête du bouc et l’enverra au désert. » Lévitique 16:21 Ces rites disaient une vérité que le peuple devait apprendre : le péché sépare de Dieu, il coûte une vie, et nul ne s’approche de lui sans être purifié.
Le pur et l’impur, une école de sainteté
La Loi distinguait le pur de l’impur, dans la nourriture, le corps et les gestes de la vie. Ces règles ne visaient pas l’hygiène, mais l’éducation d’un peuple : elles gravaient dans les actes les plus quotidiens, jusque dans ce qu’on mangeait, que tout dans la vie se tient devant Dieu, et qu’Israël devait se garder distinct des nations et de leurs cultes impurs. Manger, se laver, toucher, tout devenait occasion de se souvenir de Dieu. Toute cette discipline avait un seul but, résumé en une parole qui commande le livre du Lévitique tout entier. « Soyez saints, car je suis saint, moi le Seigneur, votre Dieu. » Lévitique 19:2 La sainteté du peuple devait refléter la sainteté de son Dieu, non par une performance, mais par l’appartenance : Israël était mis à part parce que Dieu l’avait choisi.
Les temps sacrés
La Loi sanctifiait aussi le temps, pour qu’Israël vive au rythme de Dieu. Le sabbat, septième jour, était donné à Dieu et devint le signe de l’alliance, le rappel hebdomadaire que Dieu crée et qu’il sanctifie son peuple. « le sabbat est un signe entre moi et vous, d’âge en âge, pour que vous sachiez que je suis le Seigneur qui vous sanctifie. » Exode 31:13 L’année entière était rythmée par de grandes fêtes de pèlerinage, où le peuple montait devant Dieu. La Pâque faisait mémoire de la sortie d’Égypte, quand le sang de l’agneau avait épargné les maisons d’Israël. « je verrai le sang et je passerai par-dessus vous, et le fléau destructeur ne vous atteindra pas. » Exode 12:13 Cinquante jours plus tard, la fête des Semaines célébrait la moisson et le don de la Loi. À l’automne, la fête des Tentes rappelait la marche au désert, quand le peuple vivait sous des huttes. « afin que vos descendants sachent que j’ai fait habiter les fils d’Israël sous des huttes lorsque je les ai fait sortir du pays d’Égypte. » Lévitique 23:42-43 Ainsi le temps lui-même devenait prière et mémoire.
Des figures qui appellent le Christ
Tout ce culte était vrai et voulu par Dieu, mais il n’était pas le terme : il annonçait et préparait ce qui devait venir. Car le sang des bêtes ne pouvait, de lui-même, effacer le péché. « il est impossible que le sang des taureaux et des boucs enlève les péchés. » Hébreux 10:4 Ces rites étaient l’ombre d’une réalité plus haute. Le sanctuaire annonçait le vrai Temple, le Christ, en qui Dieu habite parmi nous ; le sacerdoce d’Aaron appelait l’unique prêtre, qui entre non dans un sanctuaire de pierre, mais dans le ciel même. « il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, obtenant une rédemption éternelle. » Hébreux 9:11-12 Les sacrifices sans nombre attendaient l’unique sacrifice de la Croix, où l’Agneau de Dieu ôte le péché du monde ; et le bouc chargé des fautes, chassé au désert, préfigurait celui qui porta nos péchés hors de la ville. Depuis que la réalité est venue, l’ombre a fait son œuvre, et ces fêtes, ces sabbats, ces rites disent l’un et l’autre le corps du Christ. « tout cela n’était que l’ombre des réalités à venir ; la réalité, c’est le corps du Christ. » Colossiens 2:16-17