La justice, le Jour du Seigneur et l’espérance
Les accusations d’Amos s’appuient sur de grands thèmes spirituels : un appel à la conversion, un avertissement sur le jour du jugement, une vérité sur le privilège d’Israël. Et après l’annonce du châtiment, le livre s’achève sur une promesse : Dieu relèvera ce qu’il a abattu. Cette espérance trouve son terme dans le Christ.
Cherchez Dieu et vous vivrez
Au milieu des menaces, Amos lance un appel pressant : revenir à Dieu pendant qu’il en est temps. La formule revient comme un refrain, « Cherchez-moi et vivez ». Pour Amos, chercher Dieu, c’est se tourner vers le bien : « Cherchez le bien et non le mal, afin que vous viviez, et qu’ainsi le Seigneur, le Dieu des armées, soit avec vous, comme vous le dites. » Amos 5:14. La vie est promise à qui répond à cet appel : chercher Dieu, c’est vouloir ce que Dieu veut, et d’abord la justice.
Le Jour du Seigneur
Israël attendait avec confiance le jour du Seigneur, le jour où Dieu viendrait juger le monde. On l’imaginait comme un triomphe, où Dieu écraserait les ennemis d’Israël et exalterait son peuple. Amos renverse cette attente. Pour un peuple coupable d’injustice, ce jour sera un désastre : « Malheur à ceux qui désirent le jour du Seigneur ! Que sera-t-il pour vous, le jour du Seigneur ? Il sera ténèbres, et non lumière. » Amos 5:18. Le jugement de Dieu atteint d’abord ceux qui se croient à l’abri. Les prophètes après Amos reprendront ce thème du jour du Seigneur, et le Nouveau Testament l’accomplira dans le jugement dernier, où chacun paraîtra devant Dieu.
La faim de la parole de Dieu
Au châtiment matériel, Amos ajoute une menace plus lourde encore : le silence de Dieu. Un jour viendra où le peuple, longtemps sourd à la parole des prophètes, la cherchera sans la trouver. « Voici que des jours viennent, oracle du Seigneur Dieu, et j’enverrai une faim sur la terre, non une faim de pain, et non une soif d’eau, mais d’entendre les paroles du Seigneur. » Amos 8:11. Ils l’avaient eue parmi eux et l’avaient méprisée ; ils la chercheront alors d’un bout du monde à l’autre, en vain. « Ils iront de côté et d’autre pour chercher la parole du Seigneur, et ils ne la trouveront pas. » Amos 8:12.
L’élection, une responsabilité
Israël se croyait protégé par son élection : Dieu l’avait choisi entre tous les peuples, il ne pouvait donc pas le frapper. Amos retourne l’argument. Précisément parce qu’Israël a été choisi, il sera jugé plus sévèrement : « Je n’ai connu que vous seuls parmi toutes les familles de la terre ; c’est pourquoi je vous punirai de toutes vos iniquités. » Amos 3:2. Le privilège d’avoir connu Dieu est une charge, non une garantie. Et ce Dieu est le maître de toutes les nations : il a fait sortir Israël d’Égypte, et il a aussi conduit les Philistins et les Syriens vers leurs terres. Le Dieu d’Israël gouverne l’histoire de tous les peuples.
La hutte de David relevée
Le livre s’achève sur une promesse. Après le jugement, Dieu rebâtira ce qu’il aura abattu : « En ce jour-là, je relèverai la hutte de David qui est tombée ; je réparerai ses brèches, je relèverai ses ruines, et je la rebâtirai telle qu’aux jours d’autrefois. » Amos 9:11. La hutte de David, c’est la maison royale issue de David, autrefois glorieuse et désormais déchue, comparée à une cabane qui s’effondre. Dieu promet de la relever, et avec elle de restaurer son peuple : les villes rebâties, les vignes replantées, une terre de nouveau féconde. Cette promesse s’accomplit dans le Christ, fils de David, en qui la maison royale est relevée pour toujours. Elle va plus loin encore que le retour d’un royaume : au concile de Jérusalem, la première grande assemblée de l’Église, l’apôtre Jacques cite ces paroles d’Amos pour montrer que les nations païennes ont leur place dans le peuple de Dieu : « Je rebâtirai la tente de David qui est renversée par terre, afin que le reste des hommes cherche le Seigneur, ainsi que toutes les nations qui sont appelées de mon nom. » Actes 15:16-17. La hutte de David relevée, c’est l’Église, où Juifs et nations sont rassemblés autour du Christ.