La gloire du second Temple
Quand le second Temple s’éleva, il parut bien pauvre auprès de celui de Salomon. Pourtant Dieu lui promit une gloire plus grande que celle du premier. Cette promesse visait une présence à venir, et elle a trouvé son accomplissement dans le Christ.
Les deux Temples
Le premier Temple, bâti par Salomon vers 960 avant Jésus-Christ, était magnifique : pierres de taille, boiseries de cèdre, or répandu sur les murs. Il abritait l’arche de l’alliance, le coffre sacré qui contenait les tables de la Loi, et la présence de Dieu s’y était manifestée le jour où Salomon le consacra : une nuée avait rempli le sanctuaire, signe que Dieu venait habiter sa maison. Les Babyloniens le détruisirent en 587 avant Jésus-Christ. Le second, élevé par Zorobabel, était modeste, et n’abritait plus l’arche : selon le second livre des Maccabées, le prophète Jérémie l’avait cachée avant la destruction, avec le tabernacle et l’autel des parfums, dans une grotte du mont Nébo. Il avait annoncé qu’elle resterait introuvable jusqu’au jour où Dieu rassemblerait son peuple et ferait reparaître sa gloire, ce rassemblement étant la réunion de tous les croyants que le Messie opérera et qui s’achèvera à la fin des temps. Ce jour n’étant pas venu, la cachette ne fut pas retrouvée, et le second Temple s’éleva sans l’arche. Les anciens qui avaient connu le premier pleuraient en voyant celui-ci. C’est pourtant à ce Temple dépouillé que Dieu promit une gloire surpassant celle d’autrefois. Comment un sanctuaire plus modeste pouvait-il recevoir une gloire plus grande ? La réponse tient à ce qui fait la gloire d’une maison de Dieu.
Une présence plus grande
La gloire d’un Temple tient à la présence de Dieu qui l’habite. Le premier l’avait connue sous le voile de la nuée. Au second, Dieu promet de venir lui-même, en personne. Cette promesse s’accomplit lorsque le Christ, Dieu fait homme, entra dans ce Temple pour y enseigner : la présence de Dieu y parut dans sa chair. Et le Christ révéla où se trouvait désormais le vrai Temple. Comme on lui demandait un signe de son autorité, il répondit : « Détruisez ce temple et je le relèverai en trois jours. » Jean 2:19. On crut qu’il parlait du bâtiment ; « Mais lui, il parlait du temple de son corps. » Jean 2:21. La maison de pierre annonçait le Temple véritable, le corps du Christ, en qui Dieu habite parmi les hommes.
Le Désiré des nations
Le deuxième oracle annonce une venue : « J’ébranlerai toutes les nations, et les trésors de toutes les nations viendront ; et je remplirai de gloire cette maison, oracle du Seigneur des armées. » Aggée 2:7. Le mot hébreu rendu ici par « les trésors », ḥemdat (חמדת), peut aussi se lire au singulier : « le Désiré ». La traduction latine a retenu ce sens et lu « le Désiré de toutes les nations viendra ». La tradition y a reconnu le Messie, celui que les peuples attendent sans le connaître. C’est vers le Christ que les nations affluent, et sa venue est la gloire dont Dieu remplit sa maison.
L’anneau et la lignée de David
Le dernier oracle s’adressait à Zorobabel, fait par Dieu son anneau à cachet, son élu. L’exil avait interrompu la royauté issue de David ; en relevant Zorobabel, gouverneur et descendant du roi, Dieu renoue le fil de cette lignée. L’évangile de Matthieu nomme Zorobabel dans la généalogie de Jésus. Le fil renoué en lui aboutit au Christ, fils de David, le roi annoncé dont le règne ne finit pas.
Le Royaume inébranlable
Aggée annonçait un ébranlement, répété d’un oracle à l’autre : « Une fois encore, et ce sera dans peu, j’ébranlerai les cieux et la terre, la mer et le continent. » Aggée 2:6. La lettre aux Hébreux reprend cette parole et en montre le terme : au dernier jour, cet ébranlement emportera tout ce qui est passager, et il ne restera que ce qui ne peut être ébranlé, le Royaume de Dieu. « Nous rentrons en possession d’un royaume qui ne sera point ébranlé. » Hébreux 12:28. Ce royaume inébranlable est celui du Christ. Et l’appel d’Aggée à rebâtir la maison de Dieu se prolonge jusqu’à nous : « Vous-mêmes comme des pierres vivantes, entrez dans la structure de l’édifice, pour former un temple spirituel. » 1 Pierre 2:5. Bâtir la maison de Dieu, désormais, c’est édifier l’Église.