La délivrance
Les grands jugements annoncés à Moïse (Exode 6:6) s’accomplissent dans les chapitres 7 à 15 de l’Exode : Dieu frappe l’Égypte de dix plaies, institue la Pâque, fait sortir son peuple dans la nuit et lui ouvre la mer. Au terme, la question lancée par Pharaon, « Qui est le Seigneur ? », a reçu sa réponse, et Israël la chante sur l’autre rive.
Le serpent et l’endurcissement
Moïse et Aaron revinrent devant Pharaon, et Dieu leur avait donné le signe à produire : Aaron jeta son bâton devant Pharaon, et le bâton devint un serpent. Pharaon appela ses sages et ses magiciens, qui firent la même chose par leurs enchantements : chacun jeta son bâton, et les bâtons devinrent des serpents ; « mais le bâton d’Aaron engloutit les leurs » Exode 7:12 « Le cœur de Pharaon s’endurcit, et il n’écouta ni Moïse ni Aaron, comme le Seigneur l’avait annoncé » Exode 7:13
Le premier signe contient déjà l’issue de tout le combat. Les magiciens ont produit le même prodige par leurs enchantements : les puissances de l’Égypte savent contrefaire les œuvres de Dieu, et elles contreferont encore le sang et les grenouilles. Mais le serpent d’Aaron a dévoré les leurs : mise en face de l’œuvre de Dieu, la contrefaçon est détruite, et le signe annonce en petit ce qui va s’accomplir en grand, plaie après plaie, jusqu’à la mer. Pharaon le voit et s’endurcit ; l’épreuve de force est ouverte.
Les dix plaies
Dieu frappa alors l’Égypte de dix coups. L’eau du Nil fut changée en sang, et les poissons moururent ; les grenouilles couvrirent le pays ; ces deux premières plaies, les magiciens les reproduisirent encore par leurs enchantements. À la troisième, les moustiques tirés de la poussière, leur pouvoir s’arrêta : ils ne purent pas en produire, et ils dirent à Pharaon : « Le doigt de Dieu est ici » Exode 8:15 Vinrent ensuite les scarabées, dont Dieu préserva le pays de Gessen où habitait son peuple, « afin que tu saches que moi, le Seigneur, je suis présent au cœur du pays » Exode 8:18 ; la peste sur les troupeaux d’Égypte, sans qu’une bête d’Israël ne périsse ; les ulcères, qui couvrirent les magiciens eux-mêmes au point qu’ils ne purent se tenir devant Moïse ; la grêle ; les sauterelles, qui dévorèrent ce que la grêle avait laissé ; et les ténèbres, trois jours où les Égyptiens ne se voyaient plus les uns les autres, « tandis que les fils d’Israël avaient de la lumière, chacun dans sa demeure » Exode 10:23
Les plaies sont un jugement, et le texte nomme les accusés : « je ferai justice de tous les dieux de l’Égypte » Exode 12:12 L’Égypte adorait les puissances de la nature : le Nil nourricier, le soleil, les bêtes des troupeaux comptaient parmi ses dieux. Chaque plaie frappe le domaine de l’un d’eux et le montre sans pouvoir : le fleuve divinisé devient du sang, les troupeaux sacrés meurent de la peste, le soleil adoré disparaît trois jours derrière les ténèbres. Les plaies font la preuve, devant l’Égypte entière, que ses dieux ne sont rien et que le Seigneur est au milieu du pays (Nombres 33:4).
Quant au cœur de Pharaon, le récit distingue deux temps. Durant les premières plaies, c’est Pharaon qui endurcit son propre cœur : chaque fois que la plaie cesse et que le répit revient, il reprend la parole donnée et refuse de laisser partir le peuple (Exode 8:11). À partir de la sixième plaie, le texte dit que Dieu endurcit le cœur de Pharaon (Exode 9:12), et cette parole a un sens précis : Dieu cesse de chercher à fléchir ce cœur. L’ordre même des plaies montre qu’il l’a cherché : elles vont des plus douces aux plus terribles, de l’eau changée en sang à la mort des premiers-nés, chacune laissant à Pharaon un appel et un délai pour céder. Après tant de refus répétés, Dieu le laisse à son choix, et l’obstination du roi sert désormais le dessein de Dieu, qui déploie ses signes jusqu’au bout.
Au fil des plaies, Pharaon tenta quatre fois de marchander la sortie : sacrifiez à votre Dieu, mais dans le pays ; allez au désert, mais sans trop vous éloigner ; allez, mais les hommes seulement ; allez tous, mais laissez vos troupeaux. Moïse refusa chaque compromis, jusqu’au dernier : « il n’en restera pas un ongle » Exode 10:26 : le Seigneur réclame son peuple tout entier, et un service qui ne laisse rien en gage à l’Égypte. Pharaon connut même des aveux sans lendemain : sous la grêle, il confessa : « Cette fois, j’ai péché ; c’est le Seigneur qui est juste, et moi et mon peuple qui sommes coupables » Exode 9:27, et dès le répit revenu, il reprit son refus. Autour de lui, l’Égypte fléchissait : des serviteurs de Pharaon mirent leurs gens et leurs bêtes à l’abri par crainte de la parole du Seigneur, et sa propre cour le pressa : laisse aller ces gens ; ne vois-tu pas que l’Égypte est perdue ?
La Pâque et le sang de l’agneau
Avant le dernier coup, Dieu l’annonça par Moïse : au milieu de la nuit, tout premier-né du pays d’Égypte mourrait, depuis le premier-né de Pharaon assis sur son trône jusqu’au premier-né de la servante ; et parmi les fils d’Israël, pas même un chien ne remuerait sa langue, « afin que vous sachiez que le Seigneur sépare l’Égypte d’Israël » Exode 11:7 Et Dieu institua la Pâque, en refondant d’abord le calendrier : ce mois serait pour Israël le commencement des mois, le premier de l’année ; le temps du peuple se compterait désormais depuis sa délivrance. Le dixième jour du mois, chaque famille prit un agneau sans défaut, mâle, âgé d’un an ; le quatorzième jour, on l’immola, et l’on mit de son sang sur les deux montants et sur le linteau des portes ; on mangea sa chair rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères, en tenue de départ : la tunique relevée et serrée à la ceinture pour la marche, les sandales aux pieds, le bâton à la main, à la hâte : « c’est la Pâque du Seigneur » Exode 12:11 Le mot hébreu rendu par « Pâque », pésah (פֶּסַח), vient du verbe qui dit « passer par-dessus, épargner » : « je verrai le sang, je passerai par-dessus vous, et le fléau de mort ne vous atteindra pas » Exode 12:13 Ce jour devint un mémorial, une fête à célébrer de génération en génération, et les pères en transmettraient le sens à leurs enfants : c’est le sacrifice de la Pâque en l’honneur du Seigneur, qui a passé par-dessus les maisons d’Israël. Une prescription régla jusqu’au corps de l’agneau : « vous n’en briserez aucun os » Exode 12:46
La mort ne distingue pas les maisons par le mérite de leurs habitants : elle s’arrête au sang de l’agneau. Le salut d’Israël tient à un sacrifice, et ce sacrifice porte plus loin que cette nuit. Jean voit la prescription de l’agneau s’accomplir au corps du Christ en croix, dont aucun os ne fut rompu : « Aucun de ses os ne sera brisé » Jean 19:36 ; et Paul nomme la réalité que l’agneau figurait : « le Christ, notre Pâque, a été immolé » 1 Corinthiens 5:7 L’agneau immolé dont le sang protège de la mort est la figure de l’Agneau de Dieu, et la Pâque d’Égypte la figure de la Rédemption.
La nuit de la sortie
Au milieu de la nuit, le Seigneur frappa tous les premiers-nés du pays d’Égypte. Pharaon se leva dans la nuit, lui, ses serviteurs et toute l’Égypte, et il y eut une grande clameur, « car il n’y avait pas une maison sans un mort » Exode 12:30 Cette nuit même, Pharaon appela Moïse et Aaron : « Partez, quittez mon peuple, vous et les fils d’Israël ; allez servir le Seigneur » Exode 12:31, et il ajouta une demande : bénissez-moi. Les Égyptiens pressaient le peuple de sortir au plus vite, car ils disaient : nous sommes tous morts. Le pain de cette nuit avait été commandé par Dieu dès l’institution de la Pâque, avant l’événement : l’agneau se mangerait avec des pains sans levain (Exode 12:8), et sept jours durant tout levain disparaîtrait des maisons (Exode 12:15). Dieu, qui préparait cette nuit de départ, avait prescrit d’avance le pain qui lui correspondrait, un pain pétri sans attendre la lente levée de la pâte. L’événement rejoignit le commandement : chassé d’Égypte sans pouvoir tarder, le peuple emporta la pâte avant qu’elle eût levé, les pétrins serrés dans les manteaux sur les épaules, et il en cuisit en chemin des galettes non levées. Moïse dira plus tard ce que ce pain garde : « le pain d’affliction, car c’est en hâte que tu es sorti du pays d’Égypte, afin que tu te souviennes toute ta vie du jour où tu es sorti d’Égypte » Deutéronome 16:3 Dieu avait aussi commandé au peuple, avant la sortie, de demander aux Égyptiens des objets d’argent, des objets d’or et des vêtements (Exode 11:2), et il lui fit trouver faveur à leurs yeux : ils dépouillèrent les Égyptiens, comme Dieu l’avait dit à Abraham, qu’ils sortiraient avec de grands biens (Genèse 15:14). Environ six cent mille hommes de pied partirent, sans compter les enfants, et une grande multitude de gens de toute sorte monta avec eux, avec de grands troupeaux. « Ce jour-là même, au terme des quatre cent trente ans, toutes les armées du Seigneur sortirent d’Égypte » Exode 12:41 « Ce fut une nuit de veille pour le Seigneur » Exode 12:42 : Dieu a veillé cette nuit-là pour faire sortir son peuple, et en retour, chaque année, dans la nuit de la Pâque, Israël veillerait en son honneur, de génération en génération.
À cette nuit, Dieu attacha un mémorial de plus, inscrit dans les familles mêmes : « Consacre-moi tout premier-né parmi les fils d’Israël, des hommes comme des bêtes : il m’appartient » Exode 13:2 Et il fixa la réponse que chaque père donnerait un jour à son fils l’interrogeant sur ce rite : Pharaon refusait de nous laisser partir, et le Seigneur a fait mourir tous les premiers-nés du pays d’Égypte ; c’est pourquoi les premiers-nés des bêtes sont offerts au Seigneur, et les premiers-nés des fils sont rachetés par une offrande. Cette loi traversera les siècles jusqu’au Temple de Jérusalem : c’est elle que Marie et Joseph accompliront en présentant Jésus au Seigneur, « suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur : Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur » Luc 2:23
Le tyran qui demandait « Qui est le Seigneur ? » congédie le peuple en pleine nuit et demande une bénédiction. Et la date dit la fidélité de Dieu au jour près : la parole donnée à Abraham des siècles plus tôt s’accomplit « ce jour-là même », avec les grands biens promis.
La route du désert et la colonne de feu
Dieu ne conduisit pas le peuple par le chemin du pays des Philistins, qui était pourtant le plus court, « de peur qu’à la vue de la guerre le peuple ne se reprenne et ne retourne en Égypte » Exode 13:17 ; il le fit tourner par le chemin du désert, vers la mer Rouge. Moïse prit avec lui les os de Joseph, car Joseph avait fait jurer les fils d’Israël : « Dieu vous visitera ; alors vous emporterez mes os d’ici » Genèse 50:25 Et Dieu se rendit visible à la tête du peuple : une colonne se dressait devant le camp, masse de nuée pendant le jour, embrasée pendant la nuit, qui marchait devant Israël : « le Seigneur allait devant eux, le jour dans une colonne de nuée pour leur ouvrir le chemin, la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer » Exode 13:21, et elle ne se retira pas de devant le peuple.
Dieu mesure la route à la force de son peuple : des esclaves de la veille ne soutiendraient pas une guerre, et il leur épargne l’épreuve qui les ramènerait en Égypte. Les os de Joseph disent que cette sortie était attendue depuis les patriarches. Joseph, en mourant, savait que l’Égypte ne serait pas la demeure définitive du peuple : Dieu le visiterait et le ferait remonter vers la terre jurée à Abraham, à Isaac et à Jacob (Genèse 50:24) ; c’est pourquoi il fit jurer qu’on emporterait ses os. Des siècles plus tard, le serment est tenu, et la foi de Joseph sort d’Égypte avec le peuple. Quant à la colonne de nuée et de feu, elle est la présence visible de Dieu qui marche devant les siens, de jour et de nuit, jusqu’au bout de la marche.
La poursuite de Pharaon
Dieu dit à Moïse de faire camper le peuple devant la mer, et il lui annonça la suite : Pharaon dirait qu’Israël s’est égaré, que le désert l’enferme, il se lancerait à sa poursuite, et Dieu en tirerait sa gloire : « j’endurcirai le cœur de Pharaon, et il les poursuivra ; je ferai éclater ma gloire dans Pharaon et dans toute son armée, et les Égyptiens sauront que je suis le Seigneur » Exode 14:4 On annonça en effet au roi d’Égypte que le peuple avait pris la fuite, et son cœur changea, lui et ses serviteurs : « Qu’avons-nous fait là, de laisser partir Israël et de perdre son service ? » Exode 14:5 Pharaon attela son char, prit six cents chars d’élite et tous les chars d’Égypte, et poursuivit les fils d’Israël, qu’il atteignit campés près de la mer. Le peuple leva les yeux, vit les Égyptiens en marche derrière lui et fut saisi d’une grande frayeur ; il cria vers le Seigneur, et se retourna contre Moïse : n’y avait-il pas assez de sépulcres en Égypte, que tu nous aies menés mourir au désert ? Moïse répondit : « N’ayez pas peur. Tenez bon, et voyez le salut que le Seigneur accomplit pour vous aujourd’hui ; ces Égyptiens que vous voyez, vous ne les reverrez plus jamais. Le Seigneur combattra pour vous ; vous, restez tranquilles » Exode 14:13-14
Israël est pris entre l’armée et la mer, sans aucune issue humaine, et le récit vient de montrer que cette situation est l’œuvre de Dieu : c’est lui qui a placé son peuple là. Le peuple n’aura rien à faire que de voir : le salut sera entièrement l’œuvre du Seigneur, et la délivrance commencée par son bras s’achèvera par son bras.
Le passage de la mer
Dieu dit à Moïse : « Pourquoi cries-tu vers moi ? Dis aux fils d’Israël de se remettre en marche » Exode 14:15 La parole sonne comme un reproche, et c’en est un, mais il porte sur un point précis. Dieu avait tout annoncé d’avance : c’est lui qui avait fait camper Israël à cet endroit, lui qui avait prédit la poursuite de Pharaon, lui qui avait promis d’en tirer sa gloire (Exode 14:4), et Moïse venait de proclamer ce salut au peuple. Dans l’angoisse du moment, Moïse implorait encore ce qui était déjà accordé. Le reproche remet la parole donnée sous ses yeux : la prière a sa place tant que Dieu n’a pas répondu ; une fois sa parole reçue, elle devient obéissance, et la foi n’a plus qu’à marcher.
La colonne de nuée quitta la tête du peuple et se plaça derrière lui, entre le camp des Égyptiens et le camp d’Israël, obscure pour les uns, éclairant la nuit pour les autres. Moïse étendit sa main sur la mer, et le Seigneur refoula la mer par un vent d’orient qui souffla toute la nuit ; les eaux se divisèrent, « et les fils d’Israël avancèrent à pied sec au milieu de la mer, les eaux dressées en muraille à leur droite et à leur gauche » Exode 14:22 Les Égyptiens s’y engagèrent à leur suite ; Dieu fit tomber les roues de leurs chars, et ils dirent : « Fuyons devant Israël, car c’est le Seigneur qui combat pour eux contre l’Égypte » Exode 14:25 Moïse étendit la main, les eaux revinrent sur les chars, les cavaliers et toute l’armée de Pharaon, et il n’en resta pas un seul. « Israël vit la main puissante du Seigneur contre l’Égypte ; le peuple craignit le Seigneur, et il mit sa foi dans le Seigneur et en Moïse, son serviteur » Exode 14:31
L’Égypte elle-même prononce la réponse à la question de son roi, « Qui est le Seigneur ? » : le Seigneur est celui qui combat pour Israël. Et la même eau accomplit deux œuvres : elle sauve le peuple qu’elle laisse passer et juge l’armée qu’elle recouvre. Paul lit dans ce passage la figure du baptême : « nos pères étaient tous sous la nuée, tous ont passé à travers la mer, et tous ont été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer » 1 Corinthiens 10:1-2 Israël entre dans l’eau peuple d’esclaves et en sort peuple libre ; le baptisé entre dans l’eau esclave du péché et en sort enfant de Dieu, l’ancienne servitude engloutie derrière lui.
Le cantique de la victoire
Sur l’autre rive, Moïse et les fils d’Israël chantèrent au Seigneur : « Je chante pour le Seigneur, car il s’est couvert de gloire : il a jeté à la mer le cheval et son cavalier » Exode 15:1 Le chant confesse ce que la nuit a montré : « Le Seigneur est ma force et mon chant ; il s’est fait mon salut. Il est mon Dieu, et je le loue ; le Dieu de mon père, et je l’exalte » Exode 15:2 Et il porte la réponse d’Israël à la question que Pharaon avait jetée au premier jour, « Qui est le Seigneur ? » (Exode 5:2) : « Qui est comme toi parmi les dieux, Seigneur ? Qui est comme toi, magnifique en sainteté, redoutable en hauts faits, opérant des merveilles ? » Exode 15:11 Le cantique regarde déjà plus loin que la mer : « Tu les conduis et les plantes sur la montagne de ton héritage, au lieu que tu as fait ta demeure, Seigneur, au sanctuaire que tes mains ont fondé » Exode 15:17 Marie, la prophétesse, sœur d’Aaron et de Moïse, celle qui avait veillé sur la corbeille de l’enfant, prit un tambourin ; toutes les femmes la suivirent avec des tambourins et des danses, et elle répondait aux fils d’Israël : chantez le Seigneur, car il s’est couvert de gloire.
La délivrance s’achève en louange, et la louange dit le but de la marche : Dieu ne tire pas son peuple d’Égypte pour l’errance, il le conduit vers sa demeure, pour habiter avec lui. Jean entend ce chant jusque dans la gloire, où les rachetés chantent « le cantique de Moïse, serviteur de Dieu, et le cantique de l’Agneau » Apocalypse 15:3 : le chant de la mer est devenu le chant de la Rédemption accomplie.