La confession
La confession est l'un des sept sacrements de l'Église, ces signes institués par le Christ pour donner la grâce. Par elle, le baptisé reçoit de Dieu, par le ministère du prêtre, le pardon des péchés commis depuis son baptême. On l'appelle aussi pénitence, du nom du regret qui l'anime, et réconciliation, parce qu'elle rétablit l'amitié avec Dieu que le péché avait rompue.
Un pouvoir donné par le Christ
Le soir de Pâques, le Ressuscité confie à ses apôtres un pouvoir inouï : remettre les péchés en son nom. « Recevez l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. » Jean 20:22-23 Le pardon vient de Dieu seul, mais Dieu a voulu le donner par des hommes. Le prêtre ne pardonne pas en son propre nom : il agit au nom du Christ, instrument par lequel passe la miséricorde. C'est ce que Paul nomme le ministère de la réconciliation : « Dieu nous a confié le ministère de la réconciliation. » 2 Corinthiens 5:18 Se confesser à un prêtre, c'est recevoir le pardon là où le Christ a voulu le déposer.
Les actes du pénitent et l'absolution
Le sacrement met en jeu trois actes du pénitent. La contrition d'abord : le regret sincère de ses péchés, avec la résolution de ne plus pécher ; c'est l'acte le plus important, car sans regret il n'y a pas de pardon. La confession ensuite : l'aveu des péchés au prêtre, qui expose la blessure à la lumière pour qu'elle soit guérie. « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner. » 1 Jean 1:9 La satisfaction enfin : accomplir la réparation que le prêtre demande, une prière ou une bonne œuvre, qu'on appelle la pénitence et qui redresse le désordre laissé par le péché. À ces trois actes répond l'absolution : les paroles par lesquelles le prêtre, au nom du Christ, remet les péchés.
Ce que la confession opère
L'absolution remet la faute et, avec elle, la peine éternelle : l'âme qui avait perdu la grâce par un péché mortel la retrouve et redevient amie de Dieu. Demeure parfois une peine temporelle à acquitter, que la satisfaction commence à réparer et que le purgatoire achève s'il le faut. Le pénitent est aussi réconcilié avec l'Église, qu'il avait blessée par son péché, car nul ne pèche seul.
La seconde planche
Le sacrifice de la Croix a racheté une fois pour toutes les péchés de tous les hommes ; il est la source unique de tout pardon, et rien ne s'y ajoute. « Par une seule offrande, il a rendu parfaits pour toujours ceux qu'il sanctifie. » Hébreux 10:14 Mais ce pardon doit atteindre chacun et être accueilli. Le baptême l'applique une première fois et fait renaître à la vie de Dieu. Quand le baptisé retombe ensuite dans le péché, il se coupe lui-même de la grâce reçue ; le Christ a voulu que ce même pardon de la Croix lui soit redonné par la confession. Elle n'ajoute rien au sacrifice du Christ : elle en fait passer la grâce jusqu'au pécheur qui s'en était écarté. La tradition l'appelle la seconde planche après le naufrage : à qui a fait naufrage, elle offre de regagner le rivage. Et tout ce qu'on y confie demeure protégé par le secret absolu de la confession, qu'aucune raison ne peut faire rompre.