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Juillet 2026
La Bible du site est désormais la traduction Chérubin, avec des titres de sections dans le lecteur.
Nouvel article : « La rancune et le pardon ».
Nouvel article : « Le jugement du prochain ».
Nouvel article : « Le nouveau Temple et le fleuve de vie » (Ézéchiel).
Nouvel article : « La restauration d’Israël » (Ézéchiel).
Nouvel article : « Les oracles contre les nations » (Ézéchiel).
Nouvel article : « Les actions symboliques et le jugement de Jérusalem ».
Nouvel article : « Ézéchiel, le prophète de l’exil ».
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Nouvel article : « L’amour ».
Nouvel article : « Le désir de sentir l’Esprit ».
Nouvel article : « La nuit noire de l’âme ».
Juin 2026
Nouvel article : « La consolation et la désolation ».
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Nouvel article : « Les visions et le culte rejeté ».
Nouvel article : « Le jugement des nations et d’Israël ».
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Les fins dernières

Les fins dernières sont les réalités ultimes qui attendent l’homme : ce qui advient au terme de sa vie, et ce qui adviendra au terme de l’histoire. La tradition en compte quatre, qu’elle nomme les novissima, les « choses dernières » : la mort, le jugement, le paradis et l’enfer. Les considérer, c’est regarder où mène la vie pour la vivre en vue de sa fin.

La mort

La mort n’était pas le dessein premier de Dieu. Dieu avait créé l’homme pour la vie, et c’est en se détournant de lui que l’homme s’est livré à la mort. « Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort. » Romains 5:12 Le livre de la Sagesse le redit : c’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde. « C’est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde. » Sagesse 2:24 Le Christ, pourtant, a changé le sens de la mort : en mourant lui-même, il en a fait un passage vers la vie, si bien que mourir dans le Christ devient un gain. « Pour moi, vivre c’est le Christ, et mourir est un gain. » Philippiens 1:21

La mort est la séparation de l’âme et du corps, le terme de la vie terrestre. Relevant à Troas le jeune homme tombé de la fenêtre, Paul mesure la vie à la présence de l’âme dans le corps. « Ne vous troublez pas, car son âme est en lui. » Actes 20:10 Avec elle s’achève le temps du mérite : durant cette vie, l’homme se tourne vers Dieu ou s’en détourne, et la mort scelle ce choix. « Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement. » Hébreux 9:27 On ne meurt qu’une seule fois ; au-delà, on ne se convertit plus, et l’âme est recueillie telle qu’elle est devenue.

Le séjour des morts

Avant le Christ, tous les défunts descendaient au séjour des morts, justes et méchants, loin de la lumière des vivants et de la vue de Dieu. Le mot hébreu rendu par « séjour des morts » est she’ol (שְׁאוֹל) ; la version grecque le traduit par Hadēs (ᾅδης) : le lieu d’en bas, la fosse, où l’on descend en mourant. On y menait une existence diminuée, dans l’ombre et le silence, séparée des vivants et coupée de la louange de Dieu. Jacob, croyant son fils mort, veut l’y rejoindre. « Je descendrai vers mon fils, dans le séjour des morts, en menant deuil. » Genèse 37:35 Et le psaume gémit de cette coupure. « Car, dans la mort, nul ne se souvient de toi ; au séjour des morts, qui te louera ? » Psaume 6:6

Tous y descendaient, mais non dans le même état. Les justes y reposaient dans la consolation, attendant le Rédempteur ; les méchants y connaissaient déjà le tourment. Le Christ le montre dans la parabole du pauvre Lazare, porté au repos, et du riche sans pitié, réveillé dans les flammes, un abîme infranchissable entre les deux. « le pauvre mourut, et les anges le portèrent auprès d’Abraham. » Luc 16:22 Ce lieu de repos des justes, on l’appelle le sein d’Abraham, ou les limbes des Pères, du latin limbus, le bord : là patientaient les saints de l’ancienne Alliance, tournés vers la promesse encore à venir.

À sa mort, le Christ descendit au séjour des morts. Le Credo le confesse : il est descendu aux enfers. Le mot « enfer » vient du latin infernus, « ce qui est en bas » : il nomme d’abord le lieu souterrain où descendent tous les morts, avant de désigner le lieu des damnés. C’est au premier que le Christ descendit, en vainqueur, pour trouver les justes qui l’attendaient et leur porter la nouvelle du salut accompli. « C’est en lui qu’il est allé proclamer son message aux esprits en prison. » 1 Pierre 3:19 Il ouvrit alors le ciel que le péché avait fermé, et fit passer les justes de l’attente à la gloire.

Depuis cette descente et la Résurrection, le ciel est ouvert : les justes qui meurent dans l’amitié de Dieu entrent dans sa vue, aussitôt ou après la purification du purgatoire, et les limbes des Pères sont vides, leur attente accomplie. Demeurent l’enfer, pour qui se détourne de Dieu jusqu’au bout, et l’attente du dernier jour, où le corps ressuscité rejoindra l’âme. Alors la mort elle-même sera détruite. « La mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu. » Apocalypse 20:14

Le jugement particulier

Aussitôt après la mort, chaque âme paraît devant Dieu et reçoit son sort éternel : c’est le jugement particulier, ainsi nommé parce qu’il concerne chaque personne séparément. Celui qui juge est le Christ, à qui le Père a remis tout jugement. « Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils. » Jean 5:22 Devant lui, l’âme voit sa vie entière dans la pleine lumière de Dieu, sans rien qui demeure caché, et le verdict du Christ confirme ce qu’elle a fait d’elle-même. « il nous faudra tous comparaître à découvert devant le tribunal du Christ, pour que chacun reçoive le prix de ce qu’il aura fait durant sa vie corporelle, en bien ou en mal. » 2 Corinthiens 5:10

Ce qui est pesé en ce jugement est l’amour : Dieu regarde la foi rendue vivante par la charité. « Dans le Christ Jésus, ni la circoncision ni l’incirconcision n’ont de valeur, mais seulement la foi agissant par la charité. » Galates 5:6 Toute la vie est jugée à cette aune, l’amour de Dieu et du prochain attesté jusque dans les plus humbles services.

Le jugement donne aussitôt à l’âme son sort, sans attendre la fin du monde, et trois états sont possibles. Celle qui meurt dans l’amitié de Dieu, pleinement purifiée, entre au paradis ; celle qui meurt dans cette amitié, imparfaitement purifiée, passe par le purgatoire ; celle qui meurt en refusant volontairement l’amour de Dieu va en enfer. Au bon larron crucifié près de lui, le Christ promet le ciel pour le jour même. « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. » Luc 23:43 L’Église a solennellement défini cette rétribution immédiate : dès 1336, le pape Benoît XII, dans la constitution Benedictus Deus, a déclaré que les âmes pleinement purifiées voient Dieu face à face aussitôt après la mort, sans attendre la fin des temps, et que les damnés descendent aussitôt en enfer ; le concile de Florence l’a confirmé en 1439.

Le paradis

Le paradis est le bonheur parfait et sans fin où les élus, pleinement unis à Dieu, partagent sa vie et sa joie. Son cœur est de voir Dieu tel qu’il est, ce que le Seigneur a promis aux cœurs purs. « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » Matthieu 5:8 Sur la terre nous connaissons Dieu dans la foi, à travers ses œuvres ; au ciel nous le verrons directement, face à face. L’Église nomme cette contemplation la vision béatifique, car elle rend bienheureux ceux qui la reçoivent. « Maintenant nous voyons dans un miroir, de façon confuse ; mais alors, ce sera face à face. » 1 Corinthiens 13:12

Voir Dieu ainsi dépasse les forces de toute créature ; c’est Dieu lui-même qui élève l’âme par un don que la tradition appelle la lumière de gloire, et qui la rend capable de soutenir sa vue. Les bienheureux le voient tel qu’il est sans jamais l’épuiser : Dieu demeure infini, et sa contemplation reste à jamais nouvelle, sans lassitude et sans terme.

L’homme est fait pour Dieu, et Dieu seul peut combler son cœur ; au paradis ce désir trouve enfin son plein rassasiement, sans mesure et sans fin. « Ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, voilà ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment. » 1 Corinthiens 2:9 Ce bonheur, l’homme le reçoit avec le Christ et par lui. « Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, pour qu’ils contemplent ma gloire. » Jean 17:24 C’est par son humanité, unie à Dieu, que les élus sont introduits dans la vie même de la Trinité.

La mesure de la gloire diffère d’un bienheureux à l’autre : chacun voit Dieu selon la charité qu’il a portée en cette vie. « Chacun recevra sa propre récompense selon son propre travail. » 1 Corinthiens 3:8 L’amour offert ici-bas dilate la capacité d’accueillir Dieu : les uns sont des vases plus grands que les autres, et tous sont remplis jusqu’au bord, sans qu’aucun désir leur manque. « Autre est l’éclat du soleil, autre l’éclat de la lune, et autre l’éclat des étoiles ; une étoile même diffère en éclat d’une autre étoile. » 1 Corinthiens 15:41

Le bonheur du paradis est une communion : les bienheureux vivent dans la joie de Dieu et les uns des autres, la communion des saints parvenue à son terme. « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront son peuple. » Apocalypse 21:3 Les âmes des justes goûtent ce bonheur aussitôt après le jugement particulier ; quand les corps ressusciteront, leur joie rejaillira sur la chair glorifiée, et l’homme tout entier vivra de Dieu.

Le purgatoire

Le purgatoire est l’état de purification que traversent, après la mort, ceux qui meurent dans l’amitié de Dieu sans être encore pleinement purifiés. Leur salut est acquis ; il leur reste à achever de se purifier de ce qui, en eux, tient encore à autre chose qu’à Dieu, car la pleine lumière du ciel n’accueille que des cœurs purs. « Il n’entrera rien de souillé. » Apocalypse 21:27

Deux choses peuvent retenir cette âme loin de la pleine lumière. D’abord les fautes légères, ces péchés véniels qui blessent l’amitié de Dieu sans la rompre, et que la mort a trouvés encore en elle. Ensuite la peine temporelle : tout péché, même pardonné, laisse un attachement désordonné aux choses créées ; l’offense est remise, et avec elle la peine éternelle ; ce désordre, lui, demeure souvent à guérir. Le pécheur y coopère ici-bas par la pénitence et les œuvres de charité ; ce qui reste à purifier au sortir de cette vie s’achève au purgatoire.

L’Écriture montre qu’on peut prier pour les morts et que cette prière leur profite. Au temps des Maccabées, on fait offrir un sacrifice pour les soldats tombés. « C’est là une pensée sainte et pieuse. Voilà pourquoi il fit offrir ce sacrifice d’expiation pour les morts, afin qu’ils soient délivrés de leur péché. » 2 Maccabées 12:46 Une telle prière serait vaine pour les bienheureux, qui n’en ont pas besoin, et pour les damnés, que nul ne peut secourir : elle suppose un troisième état, où l’âme se purifie. L’Écriture l’évoque comme un passage par le feu. « Il subira une perte, mais lui sera sauvé, comme à travers le feu. » 1 Corinthiens 3:15 Le Christ laisse entendre qu’un pardon reste possible au-delà de la mort. « celui qui aura parlé contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pardonné ni en ce monde ni dans le monde à venir. » Matthieu 12:32 Si une certaine faute ne se remet ni en ce monde ni dans l’autre, c’est que d’autres peuvent l’être dans le siècle à venir : non la faute grave, qui se décide avant la mort, mais ces fautes légères que le purgatoire achève d’effacer. L’Église l’a confessé dès le concile de Lyon, en 1274.

Au purgatoire, l’âme souffre d’être encore retenue loin du Dieu qu’elle aime et désire de toute sa force. Cette souffrance est tout entière habitée par l’espérance, car ces âmes savent qu’elles sont sauvées et que leur attente a un terme. Ce feu purifie comme l’or au creuset : il consume ce qui reste d’impur pour rendre l’âme digne de la pleine lumière.

Les âmes du purgatoire ne peuvent plus mériter pour elles-mêmes ; les vivants le peuvent pour elles et peuvent hâter leur délivrance. On nomme suffrages les secours qu’on leur porte, du latin suffragium, le soutien apporté en faveur de quelqu’un : la prière, l’aumône, la pénitence offertes à leur intention, et par-dessus tout le sacrifice de la messe, où la Croix du Christ est rendue présente pour eux. L’Église applique aussi aux défunts les indulgences : puisant dans le trésor des mérites du Christ et des saints, elle remet la peine temporelle qui reste à acquitter et l’offre pour les âmes du purgatoire, afin de hâter leur entrée dans la pleine lumière. En cela se vit la communion des saints : l’Église de la terre vient en aide à l’Église qui se purifie, dans l’unique charité qui relie tous les membres du Christ.

L’enfer

L’enfer est l’état de séparation définitive d’avec Dieu, le sort de celui qui meurt en refusant librement son amour. C’est le Christ lui-même qui l’a révélé, et il en a parlé souvent, toujours pour en détourner les hommes. Pour le nommer, il a employé le mot géhenne, du nom d’un ravin au sud de Jérusalem, la vallée de Hinnom, lieu d’ordures et de feux jadis liés à des cultes idolâtres, devenu l’image du lieu de la perdition. « Craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. » Matthieu 10:28

La peine de l’enfer est d’abord la perte de Dieu. L’âme a été créée pour le voir face à face et vivre de sa vie ; en être séparée pour toujours est la souffrance la plus profonde, celle d’un être privé de ce qui seul pouvait le combler. La tradition l’appelle la peine du dam. « Ils subiront le châtiment d’une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa puissance. » 2 Thessaloniciens 1:9 À cette privation s’ajoute une autre peine, que la tradition nomme la peine du sens et que l’Écriture figure par le feu. « Écartez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel préparé pour le diable et ses anges. » Matthieu 25:41 Ce feu dit une souffrance dont la nature dépasse le feu que nous connaissons : l’âme souffre du désordre qu’elle a voulu et de la ruine où l’a conduite son refus.

L’enfer est éternel. « Ceux-ci iront au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle. » Matthieu 25:46 Son éternité tient à ce qui se fixe à la mort : tant que dure la vie, l’homme peut se reprendre ; la mort clôt ce temps, et l’âme demeure pour toujours dans l’orientation qu’elle a prise. Séparée du corps, elle adhère à son choix de façon définitive, comme les anges se sont fixés au leur dès l’origine.

Ce qui conduit à l’enfer est le péché mortel, ainsi nommé parce qu’il fait perdre la vie de la grâce dans l’âme. Trois conditions le constituent : une matière grave, la pleine conscience de ce que l’on fait, et un consentement délibéré. Par un tel acte, l’homme se détourne de Dieu comme de sa fin dernière et lui préfère autre chose. Le péché véniel affaiblit cette amitié ; le péché mortel la rompt, et tant que la conversion et le pardon ne l’ont pas relevé, il fixe l’âme dans sa rupture.

La cause de l’enfer est dans le refus libre de l’homme. Dieu veut le salut de tous et ne destine personne à l’enfer. « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » 1 Timothée 2:4 L’enfer est le terme d’un refus conscient et maintenu jusqu’au bout, que Dieu respecte, car aimer suppose de pouvoir refuser. C’est pourquoi le Christ en a averti avec gravité, pour appeler à la conversion ; et l’Église, qui n’a jamais déclaré aucun homme damné, confie tous les défunts à la miséricorde de Dieu, plus grande que tout péché. Une question demeure ouverte : le sort des enfants qui meurent sans baptême, sans avoir pu poser aucun choix. L’Église ne connaît d’autre voie ordinaire vers le salut que le baptême, et ne peut donc rien affirmer avec certitude ; mais elle ne désespère pas de leur salut. Se rappelant la tendresse du Christ pour les tout-petits, « Laissez les petits enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le règne de Dieu est à ceux qui leur ressemblent », Marc 10:14 et la volonté de Dieu de sauver tous les hommes, elle les confie avec espérance à sa miséricorde.

La résurrection de la chair

La résurrection de la chair est la réunion, au dernier jour, de chaque âme à son propre corps, rendu désormais immortel. L’homme est corps et âme : la mort sépare violemment ce qui était fait pour être uni, et le salut que Dieu donne atteint l’homme entier, rendant aussi le corps à la vie.

Le fondement de cette espérance est la résurrection du Christ : en sortant vivant du tombeau, dans son propre corps, il a ouvert le chemin. « Le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis. » 1 Corinthiens 15:20 Le mot « prémices » désigne les premiers fruits de la récolte, qui annoncent et garantissent tout le reste : sa résurrection assure la nôtre.

Le corps qui se relève est le corps même qui fut enseveli, rendu par Dieu à la vie sous une condition nouvelle. L’Écriture l’éclaire par l’image de la semence, qui meurt en terre et reparaît tout autre sans cesser d’être elle-même. « Ce que tu sèmes ne prend vie qu’en mourant ; et tu ne sèmes pas le corps à venir, mais un simple grain. Dieu lui donne un corps comme il l’a voulu. » 1 Corinthiens 15:36-38

Pour ceux que Dieu sauve, ce corps se relève glorieux, paré de quatre qualités que l’Écriture oppose à sa condition présente. « On sème dans la corruption, on ressuscite dans l’incorruptibilité ; on sème dans le déshonneur, on ressuscite dans la gloire ; on sème dans la faiblesse, on ressuscite dans la puissance ; on sème un corps animal, on ressuscite un corps spirituel. » 1 Corinthiens 15:42-44 L’impassibilité le rend incapable de souffrir et de mourir ; la clarté le fait resplendir de lumière ; l’agilité le rend prompt à suivre l’âme ; la subtilité le soumet entièrement à l’esprit. Ce corps sera rendu semblable à celui du Christ ressuscité. « Il transformera notre corps de misère pour le rendre semblable à son corps de gloire. » Philippiens 3:21

Tous les morts ressuscitent, les justes comme les injustes ; la mort vaincue, aucun corps ne se décompose plus. La gloire reste pourtant le partage des seuls sauvés : le corps des damnés se relève immortel et imputrescible, capable de souffrir, et c’est en lui qu’ils portent leur peine. « Tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix et en sortiront : ceux qui auront fait le bien pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal pour une résurrection de jugement. » Jean 5:28-29 Cette résurrection aura lieu à la fin du monde, au retour du Christ. L’espérance en traverse déjà tout l’Ancien Testament. « je sais, moi, que mon Rédempteur est vivant, et qu’en dernier il se dressera sur la poussière. Après que ma peau aura été détruite, alors, de ma chair, je verrai Dieu. » Job 19:25-26

Le jugement dernier

Le jugement dernier est la comparution de tous les hommes devant le Christ, à la fin du monde, après la résurrection des morts. Monté au ciel après sa résurrection, le Christ reviendra une seconde fois, visible de tous, pour juger les vivants et les morts. Ce retour est appelé la Parousie, du grec parousia (παρουσία), « venue » ou « présence ». « Ce Jésus qui a été enlevé au ciel reviendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller. » Actes 1:11

Ce retour sera précédé d’une épreuve. L’Écriture annonce qu’avant la fin, l’Église passera par une ultime tribulation qui ébranlera la foi de beaucoup, marquée par la venue de l’Antéchrist, l’adversaire qui se dresse contre le Christ en usurpant la place de Dieu. « L’adversaire s’élève contre tout ce qu’on appelle Dieu ou qu’on adore, au point de s’asseoir lui-même dans le sanctuaire de Dieu, se présentant comme s’il était Dieu. » 2 Thessaloniciens 2:4 Cette imposture n’est pas un triomphe du mal, mais le dernier assaut d’un ennemi déjà vaincu : à son retour, le Christ l’anéantira. « Le Seigneur Jésus l’anéantira par l’éclat de sa venue. » 2 Thessaloniciens 2:8

Le jugement dernier est universel : tous les hommes de toute l’histoire, ressuscités en leur corps, paraissent ensemble devant le Christ juge, chacun jugé tout entier, corps et âme enfin réunis.

Ce jour révèle ce qui était caché : les pensées, les paroles et les actes de chacun, le bien comme le mal, et leurs conséquences à travers toute l’histoire. « c’est lui qui mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres et rendra manifestes les intentions des cœurs. » 1 Corinthiens 4:5 Alors le Christ sépare les justes des réprouvés. « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs. » Matthieu 25:31-32 La mesure du partage est l’amour, jusque dans le plus petit des frères. À ceux qui les ont secourus, il dit : « Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Matthieu 25:40 À ceux qui les ont délaissés : « Ce que vous n’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. » Matthieu 25:45

Le sort de chacun est déjà fixé à sa mort, et pourtant ce jugement universel accomplit ce que le particulier laissait inachevé. Ce qu’un homme a semé lui survit : le bien et le mal qu’il a répandus portent leurs fruits à travers les siècles, et la vérité entière d’une existence ne se voit qu’à la fin, quand toutes ses conséquences sont accomplies. La justice de Dieu, souvent obscurcie dans le cours de l’histoire où le juste a semblé vaincu et le méchant prospère, éclate enfin devant tous. « Au jour de la révélation du juste jugement de Dieu, il rendra à chacun selon ses œuvres. » Romains 2:5-6

Le jugement dernier achève l’histoire. La création tout entière, libérée du mal, est renouvelée et associée à la gloire des sauvés. « Nous attendons des cieux nouveaux et une terre nouvelle où la justice habitera. » 2 Pierre 3:13 Alors le dessein de Dieu atteint son terme, et il remplit tout de sa présence. « afin que Dieu soit tout en tous. » 1 Corinthiens 15:28