La communion des saints

Le Credo confesse la communion des saints. Elle désigne l'union de tous les membres de l'Église dans le Christ : les fidèles qui vivent encore sur la terre, les âmes qui se purifient avant de voir Dieu, et les bienheureux qui le contemplent déjà. Cette union ne se rompt pas à la mort, et elle permet aux uns de prier pour les autres.

Un seul corps dans le Christ

L'Église est un corps dont le Christ est la tête, et tous les baptisés en sont les membres. Saint Paul en tire leur solidarité : « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous se réjouissent avec lui. » 1 Corinthiens 12:26 Ce corps dépasse les frontières de la mort. Trois états le composent : ceux qui marchent encore vers Dieu sur la terre, ceux qui achèvent leur purification, et ceux qui le voient déjà. Tous tiennent au même Christ, et tous communient dans les mêmes biens, la grâce, la prière, la charité.

Les saints vivent en Dieu

Les bienheureux du ciel vivent pleinement en Dieu. Jésus l'affirme en parlant des patriarches morts depuis des siècles : « Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. » Matthieu 22:32 Les saints le contemplent face à face, et de cette vision ils tirent une vie plus haute que la nôtre. Ils demeurent unis à nous dans le Christ, attentifs à ceux qu'ils ont précédés.

Ils prient pour nous

Cette vie des saints est tout entière tournée vers Dieu et vers l'amour. Leur charité ne s'éteint pas au seuil du ciel ; elle s'achève, et les porte à prier pour ceux qui cheminent encore. L'Apocalypse montre les élus présentant devant Dieu « des coupes d'or pleines de parfums, qui sont les prières des saints. » Apocalypse 5:8 L'Ancien Testament le pressentait déjà : Jérémie, mort depuis longtemps, y apparaît comme « celui qui prie beaucoup pour le peuple et pour la ville sainte. » 2 Maccabées 15:14 Et le ciel se réjouit de ce qui arrive sur la terre : « Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent. » Luc 15:10 Les saints prennent part à notre marche : ils intercèdent.

Nous prions pour les défunts

La communion joue aussi dans l'autre sens. Ceux qui ont quitté ce monde sans être pleinement purifiés achèvent leur purification avant de voir Dieu, dans l'état que l'Église nomme le purgatoire ; ils ne peuvent plus mériter pour eux-mêmes, mais l'Église, unie à eux dans le Christ, les soulage par ses prières, ses aumônes et surtout par le sacrifice de la messe. L'Écriture montre déjà ce geste, lorsqu'un sacrifice est offert pour les soldats tombés au combat : « C'est une pensée sainte et salutaire de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés. » 2 Maccabées 12:46 Prier pour les défunts, c'est étendre au-delà de la mort la charité qui unit les membres d'un même corps.

Une grâce à recevoir

De cette communion naît la prière aux saints. Leur demander d'intercéder, c'est faire avec eux ce que les chrétiens font entre eux sur la terre, se confier les uns aux autres dans la prière : « La prière fervente du juste a une grande efficacité. » Jacques 5:16 Et nul n'est plus juste que les saints établis en Dieu. Cette confiance dans l'intercession des saints a parfois été contestée, et elle résiste à l'examen. Les prier, c'est entrer dans leur amitié, prendre pour compagnons de route ceux qui ont déjà rejoint le terme, et goûter dès maintenant la communion qui unit toute l'Église.