Amos, le berger prophète
Amos est le premier prophète dont les paroles ont été réunies en un livre. Berger de Juda, il fut envoyé vers 760 avant Jésus-Christ porter la parole de Dieu au royaume d’Israël, alors riche et tranquille. Son message tient en une exigence : la justice. À un peuple qui multipliait les sacrifices tout en écrasant les pauvres, il annonça que Dieu veut d’abord le droit.
Un berger de Teqoa
Amos vivait à Teqoa, un village de Juda au sud de Jérusalem, en bordure du désert. Il gardait les troupeaux et soignait les figues du sycomore, un travail d’homme simple. Quand il fut appelé à parler au nom de Dieu, il décrivit ainsi sa condition : « Je ne suis pas un prophète, je ne suis pas un fils de prophète ; je suis bouvier et je cultive les sycomores. Et le Seigneur m’a pris derrière le troupeau, et le Seigneur m’a dit : Va, prophétise à mon peuple d’Israël. » Amos 7:14-15. Par « fils de prophète », il ne désigne pas le fils né d’un prophète, mais le membre de ces confréries établies autour des sanctuaires, où des hommes vivaient en communauté sous la conduite d’un maître, formés à la prière, au chant et à la transmission des messages reçus de Dieu ; le mot « fils » y marquait l’appartenance au groupe, comme un disciple à son école. Amos n’en venait pas. Il n’avait reçu aucune formation religieuse et ne devait sa parole à personne : son autorité venait de Dieu seul, qui l’avait saisi au milieu de son travail.
Le temps de Jéroboam II
Après le règne de Salomon, le peuple s’était divisé en deux : Juda au sud, avec Jérusalem, et Israël au nord, avec sa propre dynastie et ses propres sanctuaires. Amos, venu du Sud, fut envoyé porter la parole de Dieu au royaume du Nord. C’était le règne de Jéroboam II, vers 760 avant Jésus-Christ, un temps de paix, de victoires militaires et de grande prospérité. Les frontières s’étaient élargies, le commerce prospérait, les villes s’embellissaient. Le livre date d’ailleurs ces paroles deux ans avant un tremblement de terre dont le souvenir resta longtemps vivant en Israël. Au milieu de cette réussite, le royaume se croyait béni de Dieu et à l’abri de tout malheur.
Une prospérité injuste
Cette prospérité avait un revers. Elle profitait à quelques-uns, qui s’enrichissaient au détriment des autres : les petits perdaient leurs terres, tombaient dans la dette, parfois dans l’esclavage. Au même moment, les sanctuaires étaient fréquentés et le grand temple royal de Béthel rassemblait un culte fastueux. Cette société prospère et pieuse restait sourde au cri du pauvre. C’est elle qu’Amos fut envoyé réveiller.