Les sacrements
Les sacrements sont les sept signes institués par le Christ, par lesquels il communique sa grâce à ceux qui les reçoivent. Chacun emploie des éléments que l’on peut voir, toucher ou entendre : l’eau, l’huile, le pain, l’imposition des mains, les paroles prononcées. Par eux, le Christ touche la vie de l’homme à ses moments décisifs, de la naissance à la mort. L’Église en a discerné sept, tous reçus du Seigneur.
Qu’est-ce qu’un sacrement
Un sacrement est un signe efficace de la grâce : un geste visible qui produit invisiblement ce qu’il représente. L’eau du baptême lave l’âme du péché ; le pain de l’eucharistie devient le corps du Christ. Tous tirent leur force de la Passion : la grâce qu’ils communiquent a été acquise au Calvaire. Les rites de l’Ancienne Alliance annonçaient cette grâce et y disposaient ; les sacrements du Christ la contiennent et la donnent, car ils la puisent à la Passion déjà accomplie. L’Église y a toujours lu la figure des sacrements, dans le côté ouvert du Crucifié. « Un des soldats lui transperça le côté, et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau. » Jean 19:34
Institués par le Christ
Le Christ seul pouvait attacher la grâce à un signe, car elle vient de lui : l’Église ne crée pas les sacrements, elle administre ce qu’elle a reçu. Chacun des sept remonte à une parole ou à un geste du Seigneur. Il a baptisé par ses disciples et les a envoyés baptiser toutes les nations ; il a promis l’Esprit Saint et l’a répandu sur les siens, ce don que l’Église communique par la confirmation ; il a changé le pain en son corps à la Cène et commandé de le refaire ; à cette même Cène il a fait des Apôtres les prêtres de la nouvelle alliance, chargés de renouveler ce geste ; il a donné aux Apôtres le pouvoir de remettre les péchés ; il a envoyé les siens oindre d’huile les malades pour les relever ; il a élevé l’union de l’homme et de la femme au rang de signe de son alliance. Le commandement du baptême en donne le modèle. « De toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » Matthieu 28:19 Et dans chaque sacrement, c’est encore lui qui agit : c’est le Christ qui baptise, qui pardonne, qui nourrit, par la main de ses ministres. Ces sept, l’Église les tient de lui depuis les origines ; elle en a gardé le nombre et défini la liste contre ceux qui les réduisaient, professant qu’il y a sept sacrements, ni plus ni moins, tous institués par le Christ.
La matière, la forme et le ministre
Tout sacrement unit trois éléments. La matière est la chose sensible que l’on emploie : l’eau du baptême, l’huile de la confirmation et de l’onction, le pain et le vin de l’eucharistie, l’imposition des mains de l’ordre. La forme est faite des paroles qui fixent le sens du geste et disent ce qu’il opère ; la parole s’ajoute à l’élément, et le sacrement est là. Le ministre, enfin, accomplit le signe au nom du Christ, prêtant sa voix et ses mains à celui qui agit réellement. Réunis, ces trois font le sacrement.
Des signes qui agissent par la puissance du Christ
Le sacrement donne la grâce par le fait même qu’il est accompli, ce que la tradition appelle agir ex opere operato, « par le fait même de l’acte posé », parce que c’est le Christ qui agit en lui. C’est sa puissance qui le rend fécond : un ministre indigne baptise aussi validement qu’un saint, car le don vient du Christ, par la main de l’homme. « Ainsi celui qui plante n’est rien, ni celui qui arrose ; seul compte Dieu qui donne la croissance. » 1 Corinthiens 3:7
La disposition de celui qui reçoit
Le don est offert par l’acte même, et il rencontre une liberté. Du côté de celui qui reçoit, le fruit du sacrement demande un cœur ouvert, prêt à l’accueillir : la foi, le repentir, le désir de la grâce disposent à la recevoir pleinement. Un obstacle peut le retenir : qui s’approche sans foi, ou attaché au péché grave, reçoit le sacrement validement, sans en recueillir le fruit, et peut même le tourner contre lui. « Celui qui mange et boit sans discerner le corps mange et boit sa propre condamnation. » 1 Corinthiens 11:29 La grâce attend que l’homme lui fasse place.
La grâce et le caractère
Tout sacrement donne la grâce, à des titres divers. Chacun confère d’abord la grâce sanctifiante, cette participation à la vie de Dieu qui fait vivre l’âme, et avec elle une grâce propre, ajustée à ce qu’il accomplit : naître, être nourri, être pardonné, être envoyé. Trois sacrements impriment en outre dans l’âme un caractère, un sceau spirituel qui configure au Christ pour toujours : le baptême, la confirmation et l’ordre. « Il nous a marqués de son sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l’Esprit. » 2 Corinthiens 1:22 Ce sceau ne s’efface jamais ; c’est pourquoi ces trois sacrements se reçoivent une seule fois.
Les sacrements de l’initiation chrétienne
Trois sacrements font naître et grandir à la vie chrétienne. Le baptême fait renaître comme enfant de Dieu et efface le péché. La confirmation donne l’Esprit Saint en plénitude, pour fortifier et envoyer témoigner. L’eucharistie nourrit de la chair et du sang du Christ et achève l’initiation. « Nul, s’il ne naît d’eau et d’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » Jean 3:5
Les sacrements de la guérison
Deux sacrements relèvent le chrétien blessé par le péché ou la maladie. La confession remet les péchés commis après le baptême et réconcilie avec Dieu. L’onction des malades soutient celui qu’éprouve la maladie grave, remet ses péchés et unit sa souffrance à celle du Christ. « pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a, sur la terre, le pouvoir de pardonner les péchés… Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. » Matthieu 9:6
Les sacrements au service de la communion
Deux sacrements ordonnent au service des autres et à la mission. L’ordre établit évêques, prêtres et diacres pour conduire et sanctifier le peuple de Dieu. Le mariage unit un homme et une femme pour la vie, et fait de leur amour le signe vivant de l’union du Christ et de l’Église. « Ce mystère est grand : je le dis par rapport au Christ et à l’Église. » Éphésiens 5:32 Reçus pour le bien de tous, ils bâtissent la communauté des croyants.
Les sacramentaux
À côté des sept, l’Église a institué d’autres signes sacrés, les sacramentaux : les bénédictions de personnes, de lieux et d’objets, les consécrations, l’eau bénite, les exorcismes. Ils ne confèrent pas la grâce par eux-mêmes, comme les sacrements, mais disposent à la recevoir et sanctifient les circonstances de la vie par la prière de l’Église. « Tout est sanctifié par la parole de Dieu et la prière. » 1 Timothée 4:5