Les péchés capitaux
On les appelle capitaux du mot latin caput, la tête : ils sont les sources d'où jaillissent les autres fautes. On les nomme ainsi pour leur fécondité, car chacun engendre une suite de péchés qui lui obéissent. L'Écriture en dresse le tableau sous le nom d'œuvres de la chair : « Les œuvres de la chair sont manifestes : impudicité, idolâtrie, haines, querelles, jalousies, colères, envie, et choses semblables. » Galates 5:19-21 La tradition en a reconnu sept racines, à chacune desquelles répond la vertu qui la guérit.
L'orgueil
L'orgueil est le désir désordonné de sa propre grandeur, qui place le moi là où Dieu devrait être. Il est la tête de tous : « Le commencement de l'orgueil, c'est de se détourner du Seigneur. » Siracide 10:12 De lui sortent la vaine gloire, le mépris d'autrui, la révolte contre Dieu. L'humilité le guérit, qui rend à Dieu la première place et reçoit tout de lui.
L'avarice
L'avarice est l'attachement désordonné aux richesses, où le cœur traite le bien comme une fin et s'y enchaîne. « La racine de tous les maux, c'est l'amour de l'argent. » 1 Timothée 6:10 Elle engendre la dureté, la fraude, l'oubli des pauvres. La générosité la guérit, qui tient les biens d'une main ouverte et les ordonne au bien.
L'envie
L'envie est la tristesse devant le bien d'autrui, ressenti comme un amoindrissement de soi. C'est elle qui a livré le Christ : « il savait que c'était par envie qu'ils l'avaient livré. » Matthieu 27:18 Elle engendre la médisance, la joie du malheur d'autrui, la haine. La charité fraternelle la guérit, qui se réjouit du bien du prochain comme du sien.
La colère
La colère est le désir désordonné de la vengeance, quand le ressentiment l'emporte sur la justice. « Quiconque se met en colère contre son frère en répondra au jugement. » Matthieu 5:22 Elle engendre les disputes, les injures, la violence. La douceur la guérit, qui garde la maîtrise de soi et laisse à Dieu la justice.
La luxure
La luxure est le désir désordonné des plaisirs charnels, recherchés pour eux-mêmes. « Fuyez l'impudicité. Votre corps est le temple du Saint-Esprit. » 1 Corinthiens 6:18-19 Elle aveugle le jugement et asservit la volonté. La chasteté la guérit, qui ordonne le désir au don de soi dans l'amour.
La gourmandise
La gourmandise est l'usage désordonné du manger et du boire, recherché sans mesure. « Ne sois pas parmi les buveurs de vin, parmi ceux qui se gorgent de viande. » Proverbes 23:20 Elle alourdit l'esprit et l'enchaîne au corps. La tempérance la guérit, qui reçoit les biens du corps avec mesure et action de grâce.
La paresse
La paresse, ou acédie, est la tristesse devant le bien spirituel, le dégoût de l'effort qu'il demande. Elle refroidit la prière et fait négliger les devoirs envers Dieu. « Parce que tu es tiède, je te vomirai de ma bouche. » Apocalypse 3:16 La ferveur la guérit, l'amour qui se remet à l'œuvre et persévère.
Le combat
Aucun de ces penchants n'est invincible. La grâce du Christ et la pratique des vertus contraires les désarment l'un après l'autre, car le bien chasse le mal qui s'y oppose : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien. » Romains 12:21 À mesure que grandit la charité, leurs racines se dessèchent, et l'homme retrouve la liberté des enfants de Dieu.