Nouveautés
Juin 2026
Renforcement de deux articles : « Le péché » traite désormais le péché contre l'Esprit, et « Le canon et les deutérocanoniques » répond à l'objection que le Nouveau Testament ne cite jamais ces livres.
Renforcement de trois articles apologétiques : « Le sola scriptura » répond à l'exemple des Béréens, « Une fois sauvé, toujours sauvé » au dessein de Dieu et au sceau de l'Esprit, « Le sola fide » prend Genèse 15:6 de front.
Refonte de « Marie, Mère de Dieu » (apologétique) : défense d'ensemble répondant aux objections sur la maternité divine, l'Immaculée Conception, la virginité perpétuelle, l'Assomption et le culte marial.
Approfondissement de « Les reliques » : socle scripturaire élargi (l'ombre de Pierre, le corps comme instrument) et distinction latrie/dulie.
Approfondissement et élargissement de « L'intercession des saints et des anges » : fondement scripturaire de l'intercession et dimension des anges.
Ajout de la dimension des anges à « La communion des saints ».
Approfondissement du « trito-Isaïe » : la vision du pressoir de la colère reçoit sa lecture christologique.
Approfondissement de « Abraham a vu mon jour » : l'article suit désormais toute la dispute du Temple jusqu'à « avant qu'Abraham fût, je suis ».
Fusion : « Marie » réunit l'Immaculée Conception, la virginité perpétuelle, l'Assomption, la royauté et la nouvelle Arche.
Fusion : « La Trinité » réunit le Père, le Fils et l'Esprit Saint.
Fusion : « Les vertus théologales » réunit la foi, l'espérance et la charité.
Fusion : « Les fins dernières » réunit le séjour des morts, le jugement particulier, le purgatoire, le paradis, l'enfer, la résurrection de la chair et le jugement dernier.
Fusion : « Le pape » intègre l'infaillibilité pontificale.
Approfondissement de plusieurs articles : l'Incarnation, le Baptême, la communion des saints, l'Ange du Seigneur, l'âge des martyrs.
Fusion : « Le péché originel » réunit désormais « La justice originelle » et « Les passions et la concupiscence », avec deux développements neufs, la transmission du péché et l'état d'innocence.
Réorganisation de la bibliothèque : le domaine « Écriture et exégèse » se classe désormais en cinq catégories.
Refonte de la page d'accueil et allègement de la présentation.
Nouvel article : « Les quatre chants du Serviteur ».
Nouvel article : « Le trito-Isaïe ».
Nouvel article : « Le deutéro-Isaïe ».
Nouvel article : « Le proto-Isaïe ».
Nouvel article : « La prédestination ».
Nouvel article : « L'Ange du Seigneur ».
Nouvel article : « Les guerres d'extermination dans la Bible ».
Nouvel article : « L'esclavage dans la Bible ».
Nouvel article : « La nature de Dieu ».
Nouvel article : « L'âge des martyrs ».
Nouvel article : « Le séjour des morts ».
Nouvel article : « Le canon et les deutérocanoniques ».
Nouvel article : « Le diacre ».
Nouvel article : « Le prêtre ».
Nouvel article : « Le sola scriptura ».
Nouvel article : « Les anges ».
Nouvel article : « Le sola fide ».
Nouvel article : « Une fois sauvé, toujours sauvé ».
Nouvel article : « Élie à l'Horeb ».
Nouvel article : « Tendre l'autre joue ».
Nouvel article : « Achetez une épée ».
Nouvel article : « Laisse les morts enterrer leurs morts ».
Nouvel article : « Jésus devant Pilate ».
Nouvel article : « Jésus et Nicodème ».
Approfondissement de plusieurs articles : le salut, l'Église, l'Eucharistie, la confirmation.
« Réponse aux objections » : les articles doctrinaux renvoient à leur défense apologétique.
Nouvelle catégorie de Doctrine : « La conscience et la responsabilité ».
Nouvel article : « L'ignorance invincible ».

Les guerres d'extermination dans la Bible

La Bible rapporte qu'en entrant dans la Terre promise, Israël reçut l'ordre de détruire entièrement certains peuples : les nations de Canaan, puis Amalec. Le terme propre est celui de la Bible elle-même, l'anathème. Ces textes disent un jugement de Dieu sur un mal précis, à un moment unique de l'histoire du salut, que le Christ achève en désarmant la main de l'homme.

L'anathème

Le mot hébreu rendu par « interdit » ou « anathème », ḥerem (חֵרֶם), désigne le fait de vouer une chose à Dieu en la retranchant absolument de l'usage des hommes ; appliqué à une ville ennemie, il signifie qu'elle lui est livrée tout entière, sans butin gardé ni alliance conclue. La version grecque le traduit par anathema (ἀνάθεμα), ce qui est mis à part. L'anathème porte sur le culte d'un peuple.

Ce que commandent les textes

La Loi ordonne de vouer à l'anathème les nations de Canaan. « Tu les voueras à l'anathème ; tu ne concluras pas d'alliance avec elles et tu ne leur feras pas grâce. » Deutéronome 7:2 Pour leurs villes, l'ordre ne laisse rien en vie. « Tu ne laisseras la vie à rien de ce qui respire. » Deutéronome 20:16 Josué l'exécute à Jéricho. « Ils vouèrent à l'anathème tout ce qui était dans la ville. » Josué 6:21 Plus tard, le même ordre frappe Amalec. « Va, frappe Amalec, voue à l'anathème tout ce qui est à lui. » 1 Samuel 15:3

La cible : le culte

Le texte donne lui-même la raison de l'ordre : le culte. « afin qu'ils ne vous apprennent pas à imiter les abominations qu'ils font pour leurs dieux. » Deutéronome 20:18 Ces abominations allaient jusqu'au sacrifice des enfants. « Ils brûlent même au feu leurs fils et leurs filles pour leurs dieux. » Deutéronome 12:31 Ces cultes sont si graves que leurs auteurs perdent le droit de demeurer dans le pays : Dieu les en dépossède, et la conquête accomplit cette expulsion. « Le pays est devenu impur, et il a vomi ses habitants. » Lévitique 18:25 Tout Cananéen qui se détournait des idoles avait d'ailleurs la vie sauve et entrait dans Israël : Rahab fut sauvée avec sa famille. « Josué laissa la vie à Rahab, et elle a habité au milieu d'Israël jusqu'à ce jour. » Josué 6:25 Ruth la Moabite devient l'aïeule de David, et les Gabaonites, peuple de Canaan, sont épargnés pour avoir cherché refuge auprès du Dieu d'Israël. Le sort dépendait du culte, et la porte restait ouverte à qui s'en détournait.

La part de la rhétorique

Le langage de ces récits est celui des guerres de l'Orient ancien, où l'on disait la victoire totale en termes d'extermination totale. La Bible parle cette langue, et le montre par ses propres suites : aussitôt après l'ordre de tout détruire, la Loi interdit d'épouser ces peuples, ce qui suppose qu'il en demeure. « Tu ne contracteras pas de mariage avec elles. » Deutéronome 7:3 Le livre des Juges s'ouvre d'ailleurs sur les Cananéens toujours présents dans le pays. « Ne laisser rien de ce qui respire » relève ainsi en partie de la formule d'une victoire complète. Des vies furent ôtées, à Jéricho et ailleurs ; le texte proclame pourtant une victoire plus qu'il ne dresse un compte de morts.

Le jugement d'un mal mûri

Là où la vie est ôtée, l'Écriture y voit un jugement de Dieu sur un mal longuement mûri. Dès Abraham, Dieu annonce que ses descendants ne prendront possession de cette terre qu'après quatre générations : il diffère le jugement et laisse passer les siècles. « À la quatrième génération, ils reviendront ici, car l'iniquité de l'Amorite n'est pas encore à son comble. » Genèse 15:16 Ce long délai ménage un temps pour le repentir, et c'est ainsi que Dieu juge. « Mais, jugeant peu à peu, tu laissais place au repentir. » Sagesse 12:10 Maître de la vie qu'il donne, il peut la reprendre, et il exécute ici sa sentence par la main d'Israël. La même mesure retombe sur Israël lui-même : lorsqu'il imite ces cultes et brûle ses fils dans le feu, « Ils firent passer leurs fils et leurs filles par le feu » 2 Rois 17:17, il est à son tour arraché de sa terre et déporté. « Le Seigneur déporta Israël loin de son pays, en Assyrie. » 2 Rois 17:23 Le jugement suit le péché, et il atteint le peuple élu comme les nations de Canaan.

Un commandement unique

L'anathème ne fut pas une règle générale de la guerre. La Loi distingue les villes lointaines des villes de Canaan : aux premières, Israël doit d'abord offrir la paix. « Quand tu approcheras d'une ville pour la combattre, tu lui proposeras la paix. » Deutéronome 20:10 Seules les villes de Canaan sont vouées à l'interdit. Il était lié au don de la terre et à la garde d'Israël contre l'idolâtrie, commandé une fois, par Dieu seul, à un moment précis, et jamais remis à l'homme comme un droit. Nul ne pouvait le décréter de lui-même, et nul ne peut l'invoquer pour justifier une violence : c'est un acte du juge de toute la terre.

La pédagogie divine, et son terme dans le Christ

Comme pour le divorce et l'esclavage, Dieu prend les hommes là où ils sont, dans un monde dur, et les conduit par degrés vers la pleine lumière. Son cœur, déjà sous l'ancienne Alliance, ne se réjouit pas de la mort. « Je ne prends pas plaisir à la mort du méchant, mais à ce qu'il se convertisse et qu'il vive. » Ézéchiel 33:11 Ce mouvement s'achève dans le Christ, qui ôte l'épée de la main des siens. « Remets ton épée à sa place, car tous ceux qui prennent l'épée périront par l'épée. » Matthieu 26:52 Il commande désormais d'aimer jusqu'à l'ennemi. « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent. » Matthieu 5:44 L'anathème trouve son terme dans le Christ. Là où un peuple coupable était livré à la destruction, l'Innocent se livre lui-même : pendu au bois, il prend sur lui la malédiction pour racheter tous les peuples. « Le Christ nous a rachetés de la malédiction en devenant lui-même malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit soit quiconque est pendu au bois. » Galates 3:13