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Juin 2026
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Le séjour des morts

Le shéol est le séjour des morts dans l'Ancien Testament : le lieu où descendaient tous les défunts avant le Christ, justes et méchants, loin de la lumière des vivants et de la vue de Dieu. C'est là que le Christ est descendu, et c'est de là qu'il a tiré les justes.

Le shéol dans l'Ancien Testament

Le mot hébreu rendu par « séjour des morts » est she'ol (שְׁאוֹל) ; la version grecque le traduit par Hadēs (ᾅδης). C'est le lieu d'en bas, la fosse, les profondeurs, où l'on descend en mourant. Tous y vont, le juste comme le méchant ; on y mène une existence diminuée, dans l'ombre et le silence, séparé des vivants et coupé de la louange de Dieu. Jacob, croyant son fils mort, veut l'y rejoindre : « Je descendrai vers mon fils, dans le séjour des morts, en menant deuil. » Genèse 37:35 Et le psaume gémit de cette coupure : « Dans la mort, nul souvenir de toi ; au séjour des morts, qui te célèbre ? » Psaume 6:6 L'espérance d'Israël ne va pas encore jusqu'au ciel ouvert : elle attend.

Le sein d'Abraham

Tous descendaient au séjour des morts, mais non dans le même état. Les justes y reposaient dans la consolation, attendant le Rédempteur ; les méchants y connaissaient déjà le tourment. Le Christ le montre dans une parabole : le pauvre Lazare meurt et trouve le repos, le riche sans pitié se réveille dans les flammes, et entre les deux un abîme infranchissable. « Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. » Luc 16:22 Ce lieu de repos des justes, on l'appelle le sein d'Abraham, ou les limbes des Pères, du latin limbus, le bord : là patientaient les saints de l'ancienne Alliance, Abraham, Moïse, David, les prophètes, tournés vers la promesse encore à venir.

Le Christ descendu aux enfers

À sa mort, le Christ descendit au séjour des morts. Le Credo le confesse : il est descendu aux enfers. Le mot « enfer » vient du latin inferi, « ceux d'en bas » : il nomme d'abord le lieu souterrain où descendent tous les morts, avant de désigner aussi le lieu des damnés. C'est au premier que le Christ descendit, non au second : il y vint en vainqueur, trouver les justes qui l'attendaient et leur porter la nouvelle du salut accompli : « Il alla prêcher aux esprits en prison. » 1 Pierre 3:19 Il ouvrit alors le ciel que le péché avait fermé, et fit passer les justes de l'attente à la gloire.

Depuis le Christ

Depuis cette descente et la Résurrection, le séjour des morts n'est plus ce qu'il était. Le ciel est ouvert : les justes qui meurent dans l'amitié de Dieu entrent dans sa vue, aussitôt ou après la purification du purgatoire ; les limbes des Pères sont vides, leur attente accomplie. Le lieu d'ombre où patientaient les justes a déjà pris fin avec la descente du Christ. Demeurent l'enfer, pour qui se détourne de Dieu jusqu'au bout, et l'attente du dernier jour, où le corps ressuscité rejoindra l'âme. Alors la mort elle-même sera détruite : « La mort et le séjour des morts furent jetés dans l'étang de feu. » Apocalypse 20:14