Le sacerdoce
Le sacerdoce est la fonction du prêtre. Le prêtre se tient entre Dieu et les hommes : il porte à Dieu, au nom des hommes, l'offrande et la prière, et il fait passer aux hommes ce que Dieu donne, son pardon et sa bénédiction. Le mot vient du latin sacerdos, lié au sacré : celui qui accomplit les choses saintes.
Le prêtre, un médiateur
L'Écriture définit le prêtre d'une phrase : « Tout grand prêtre, pris parmi les hommes, est établi en faveur des hommes dans leurs rapports avec Dieu, afin d'offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. » Hébreux 5:1 Chaque mot éclaire. Le prêtre est pris parmi les hommes : il est l'un d'eux. Il est établi en leur faveur : à leur service. Son domaine est leurs rapports avec Dieu, le culte. Et sa tâche propre est d'offrir le sacrifice, l'offrande présentée à Dieu, le don d'une chose précieuse, souvent une victime, pour l'adorer et obtenir le pardon. Le prêtre est ainsi un médiateur : celui qui relie deux bords, Dieu et son peuple.
Du temple à la Croix
Dans l'Ancienne Alliance, Dieu établit des prêtres, choisis dans le peuple d'Israël, pour offrir au temple, au nom de tous, des sacrifices d'animaux sans cesse répétés. Ces offrandes préparaient et annonçaient, sans pouvoir ôter le péché : « Il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés. » Hébreux 10:4 Le Christ est venu accomplir le sacerdoce. Il s'est fait à la fois prêtre et victime : sur la Croix, il offre à son Père, une fois pour toutes, le seul sacrifice qui sauve, le don de sa propre vie : « Nous sommes sanctifiés par l'offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes. » Hébreux 10:10
Selon l'ordre de Melchisédech
Ce sacerdoce du Christ ne finit pas, annoncé de loin par une figure de la Genèse. Melchisédech, roi de Salem et prêtre du Très-Haut, vint au-devant d'Abraham, lui offrit du pain et du vin, et le bénit : « Melchisédech, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin ; il était prêtre du Dieu très-haut, et il bénit Abram. » Genèse 14:18-19 Le récit ne dit rien de ses parents, de sa naissance ni de sa mort : il surgit sans origine et s'efface sans fin. Cette absence même en fait l'image du Prêtre éternel, dont le sacerdoce n'a ni commencement ni terme ; et le pain et le vin qu'il présente annoncent l'offrande de l'Eucharistie. C'est pourquoi l'Écriture salue le Christ de ce titre : « Tu es prêtre pour toujours selon l'ordre de Melchisédech. » Hébreux 5:6
Le sacerdoce partagé
De cet unique sacerdoce du Christ découle tout sacerdoce chrétien. Par le baptême, tous les fidèles reçoivent un sacerdoce : ils peuvent offrir à Dieu leur vie entière, leur travail, leurs joies et leurs peines, comme une offrande spirituelle. C'est le sacerdoce commun de tous les baptisés : « Vous êtes une race choisie, un sacerdoce royal. » 1 Pierre 2:9 Au sein de ce peuple, le Christ en appelle certains à un sacerdoce particulier : par l'ordination, le prêtre reçoit d'agir au nom du Christ lui-même et de rendre présent, dans l'eucharistie, son unique sacrifice. C'est le sacerdoce ministériel, donné pour servir le sacerdoce commun.
Une seule réalité
Le mot « sacerdoce » recouvre ainsi une seule réalité, partagée à plusieurs degrés : le Christ, unique Prêtre qui s'est offert lui-même ; les baptisés, qui offrent leur vie ; les ordonnés, qui rendent présent son sacrifice. Tout remonte au Christ, l'unique médiateur : « Il y a un seul médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus. » 1 Timothée 2:5