Le baptême de désir
Le baptême d'eau ouvre la porte du salut, et l'Église le tient pour nécessaire. Pourtant, certains meurent avant de l'avoir reçu : un catéchumène emporté la veille de son baptême, un martyr tué pour le Christ, un homme qui a cherché Dieu sans jamais connaître l'Évangile. Dieu les sauve par le désir ou par le sang, là où l'eau a manqué.
La nécessité du baptême
Le Seigneur lie le salut au baptême : « En vérité, en vérité, je te le dis, nul, s'il ne naît de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » Jean 3:5 Le baptême d'eau est la voie que le Christ a donnée pour recevoir la grâce qui sauve, et l'Église ne connaît pas d'autre moyen assuré.
Le baptême de désir
Celui qui désire le baptême et meurt avant de le recevoir obtient la grâce par ce désir même. Le désir est explicite chez le catéchumène, qui demande le baptême et se prépare à le recevoir. Il est implicite chez celui qui cherche Dieu d'un cœur sincère et accomplit sa volonté selon ce qu'il en connaît : sans nommer le Christ, il le désire déjà en désirant le bien et la vérité. Dans les deux cas, c'est la charité qui donne au désir sa valeur, car l'amour de Dieu contient en germe tout ce que le baptême confère.
Le baptême de sang
Le martyre supplée pareillement à l'eau. Celui qui meurt pour le Christ, ou pour une vertu qui se rapporte à lui, est baptisé dans son propre sang. Il reçoit la grâce par l'union à la Passion du Christ, qu'il reproduit en donnant sa vie. L'Église a toujours vénéré comme saints les martyrs morts avant d'avoir été baptisés.
Le larron à la croix
L'Écriture en montre un exemple au Calvaire. Le larron crucifié près de Jésus reconnaît sa faute, confesse l'innocence du Christ et se tourne vers lui. Jésus lui répond aussitôt : « Aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis. » Luc 23:43 Cet homme n'a pas reçu le baptême d'eau ; sa foi et son désir, au seuil de la mort, lui ont ouvert le paradis.
Dieu n'est pas lié par ses sacrements
Le baptême demeure nécessaire, et nul ne peut le négliger en se réservant au désir ou au sang. Mais Dieu, qui a attaché le salut au sacrement, n'est pas lui-même enchaîné à ses signes : il peut donner quand il veut la grâce qu'ils contiennent. C'est pourquoi l'Apôtre peut dire que Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » 1 Timothée 2:4 Le baptême de désir et le baptême de sang sont la manière dont cette volonté rejoint ceux que l'eau n'a pas atteints.