La vie dans l’Esprit
La justification gratuite pourrait laisser croire que le péché n’a plus d’importance, puisque la grâce couvre tout. Paul montre le contraire : l’homme justifié est arraché au péché et introduit dans une vie nouvelle. Uni au Christ par le baptême, il meurt au péché et vit désormais par l’Esprit.
Morts au péché, vivants au Christ
Le baptême unit le croyant à la mort et à la résurrection du Christ. Descendre dans l’eau, c’est être enseveli avec lui ; en remonter, c’est ressusciter avec lui à une vie neuve. « Par le baptême en sa mort, nous avons donc été ensevelis avec lui, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions nous aussi une vie nouvelle. » Romains 6:4 Le baptisé a changé de maître : il n’appartient plus au péché, mais au Christ. « Le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur. » Romains 6:23
Le combat intérieur
Paul décrit ensuite l’homme laissé à ses seules forces devant la Loi. La Loi est bonne et sainte, mais elle révèle le mal sans donner la puissance de le vaincre, et l’homme s’y débat, divisé contre lui-même : « Je ne fais pas le bien que je veux, mais le mal que je ne veux pas, voilà ce que je fais. » Romains 7:19 Cette impuissance fait crier vers une délivrance que l’homme ne peut se donner à lui-même, et que seul l’Esprit apporte.
La loi de l’Esprit
Ce que la Loi ne pouvait faire, l’Esprit l’accomplit. Le croyant n’est plus sous le poids de la condamnation : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus. » Romains 8:1 L’Esprit reçu n’est pas un esprit d’esclave, mais de fils : il fait dire à Dieu, avec la liberté d’un enfant, le mot même que Jésus employait pour prier son Père. « Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils adoptifs, et par lui nous crions : Abba, Père ! » Romains 8:15 Conduit par l’Esprit, l’homme vit en fils de Dieu et en héritier avec le Christ.
La gloire à venir
Cette vie filiale est encore cachée et mêlée de souffrance, mais elle est tout entière tournée vers une gloire promise. Paul met les épreuves du présent en regard de ce qui vient : « il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va se révéler en nous. » Romains 8:18 La création elle-même, dit-il, gémit comme dans les douleurs d’un enfantement, en attente de sa délivrance ; et le croyant attend l’achèvement de son adoption, qui est la résurrection de son corps : « nous aussi, qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons intérieurement, attendant l’adoption filiale, la délivrance de notre corps. » Romains 8:23 L’espérance chrétienne ne fuit ni le corps ni le monde ; elle attend leur transfiguration. Dans cette attente, l’Esprit ne laisse pas le croyant seul : il soutient jusqu’à sa prière. Quand l’homme ne sait pas prier comme il faut, l’Esprit prie en lui : « l’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. » Romains 8:26 Et Dieu, qui scrute les cœurs, entend cette prière et l’exauce selon son dessein (Romains 8:27).
Rien ne nous séparera
De cette vie filiale naît une assurance qui traverse toute épreuve. Même la souffrance travaille au bien de celui qui aime Dieu : « avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien. » Romains 8:28 Et rien, dans toute la création, ni la mort ni la vie, ni le présent ni l’avenir, ne peut rompre le lien noué dans le Christ : « ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur. » Romains 8:39 C’est le sommet de la première partie de la lettre, la certitude d’un amour que rien n’arrache.