La résurrection des morts
Certains Corinthiens, marqués par la pensée grecque qui méprisait le corps, niaient la résurrection des morts. Paul y répond par le chapitre le plus décisif sur cette espérance : il montre que la résurrection du Christ est le fondement de la foi, et que la nôtre en découle.
Ce que Paul a reçu et transmis
Paul commence par rappeler le noyau le plus ancien de la foi, une profession qu’il a lui-même reçue des premiers témoins et transmise telle quelle : « Je vous ai transmis avant tout ce que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures ; il a été mis au tombeau, il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures. » 1 Corinthiens 15:3-4 Il énumère ensuite ceux à qui le Ressuscité est apparu, Pierre, les Douze, plus de cinq cents frères à la fois, puis lui-même. La résurrection est un fait, attesté par des témoins.
Si le Christ n’est pas ressuscité
Paul mesure alors tout ce qui dépend de ce fait. Ôtez la résurrection du Christ, et l’Évangile s’effondre : « si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est vide, et vide aussi votre foi. » 1 Corinthiens 15:14 La foi chrétienne ne tient pas à une sagesse ni à une morale seule, mais à un événement, le Christ vivant. Et cet événement est acquis : « Le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis. » 1 Corinthiens 15:20 Prémices, c’est-à-dire la première gerbe d’une moisson : sa résurrection entraîne la nôtre. Paul en donne la raison par le lien des deux Adam : comme tous les hommes, descendants d’Adam, héritent de la mort entrée dans le monde par sa faute, tous ceux qui sont unis au Christ, le second Adam, reçoivent de lui la vie. « De même que tous meurent en Adam, de même tous revivront dans le Christ. » 1 Corinthiens 15:22 Le premier Adam avait reçu la vie ; le dernier Adam, le Christ, la donne : « Le premier homme, Adam, devint un être vivant ; le dernier Adam est devenu un esprit qui donne la vie. » 1 Corinthiens 15:45
Le corps ressuscité
À ceux qui demandaient comment les morts ressuscitent et avec quel corps, Paul répond par l’image du grain semé : ce qu’on met en terre corruptible ressuscite incorruptible, le corps semé dans la faiblesse ressuscite dans la gloire. Ce n’est pas un pur esprit, mais un corps transformé, spirituel, affranchi de la mort. Ceux qui vivront encore au dernier jour ne seront pas laissés en arrière : « nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés, en un instant, en un clin d’œil, au son de la dernière trompette. » 1 Corinthiens 15:51-52 Leur corps mortel sera changé d’un coup, comme celui des morts relevés. Alors s’accomplira la parole ancienne : « La mort a été engloutie dans la victoire. » 1 Corinthiens 15:54 Et Paul lance le défi du vainqueur à l’ennemi terrassé : « Où est-elle, ô mort, ta victoire ? Où est-il, ô mort, ton aiguillon ? » 1 Corinthiens 15:55 La résurrection du Christ ouvre pour les siens une vie que la mort ne reprend plus. Cette victoire s’étend jusqu’au terme de l’histoire. Le Christ ressuscité règne jusqu’à ce que tout lui soit soumis, et l’ultime ennemi abattu sera la mort elle-même : « Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort. » 1 Corinthiens 15:26 Alors le Fils remettra tout au Père : « lorsque tout lui aura été soumis, alors le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous. » 1 Corinthiens 15:28