La foi et la persévérance
Après avoir montré la grandeur du Christ et de son sacrifice, la lettre en tire une exhortation : tenir bon. À des croyants tentés d’abandonner sous la persécution, l’auteur oppose la force de la foi, celle des anciens et celle qui regarde le Christ. L’enjeu de cette persévérance est grave, et la lettre le dit avec force : abandonner la foi après l’avoir reçue, ce n’est pas trébucher, c’est se retrancher soi-même du salut. La grâce reçue peut se perdre, et la persévérance finale est elle-même un don à demander et à garder. C’est pourquoi l’exhortation presse : tenir jusqu’au bout est une question de salut.
La définition de la foi
La lettre donne de la foi une définition demeurée célèbre : elle est la certitude anticipée de ce que Dieu promet, l’assurance des réalités qu’on ne voit pas encore. « la foi est la garantie des biens qu’on espère, la preuve des réalités qu’on ne voit pas. » Hébreux 11:1 Croire n’est pas savoir sans preuve : c’est tenir pour sûr, sur la parole de Dieu, ce que les yeux ne montrent pas.
La nuée des témoins
L’auteur déroule alors toute l’histoire des croyants, d’Abel à Abraham, de Moïse aux prophètes : tous ont vécu et agi par la foi, et c’est par elle qu’ils ont plu à Dieu. « sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu ; car celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent. » Hébreux 11:6 Ces témoins forment autour du chrétien une foule immense, qui l’encourage et lui montre le chemin. Cette histoire, la lettre la déroule en exemples, non en simple liste. Par la foi, Abraham offrit son fils Isaac, tenant que Dieu peut ressusciter les morts, et il le retrouva comme en figure de la résurrection : « Il estimait que Dieu a le pouvoir de ressusciter même les morts. » Hébreux 11:19 Par la foi encore, Moïse préféra à tous les trésors de l’Égypte le mépris enduré pour le Christ, regardant déjà vers lui (Hébreux 11:26). Et pourtant aucun de ces justes n’a reçu de son vivant ce qui était promis : Dieu réservait pour nous quelque chose de meilleur, et ils n’atteignent la perfection qu’avec nous. « ils ne devaient pas parvenir sans nous à la perfection. » Hébreux 11:40
Courir en regardant Jésus
De cette nuée de témoins, l’auteur tire un élan. La vie chrétienne est une course à tenir jusqu’au bout, sans se laisser alourdir : « entourés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si bien, et courons avec persévérance l’épreuve qui nous est proposée. » Hébreux 12:1 Et le regard ne se fixe pas sur soi, mais sur celui qui a couru le premier et ouvert la voie : « les yeux fixés sur Jésus, qui ouvre la foi et la mène à son terme. Au lieu de la joie qui lui était offerte, il a enduré la croix, méprisant la honte, et il s’est assis à la droite du trône de Dieu. » Hébreux 12:2
La correction du Père
Reste à comprendre l’épreuve elle-même. Les souffrances du croyant ne sont pas le signe que Dieu l’abandonne, mais celui d’un Père qui forme son enfant : « le Seigneur corrige celui qu’il aime, et il châtie tout fils qu’il accueille. » Hébreux 12:6 Endurée dans la foi, l’épreuve devient une éducation : elle ne détruit pas, elle affermit et fait grandir.