La Cène du Seigneur
À Corinthe, l’assemblée réunie pour la Cène du Seigneur était devenue une occasion de division : les plus riches mangeaient et buvaient tout leur soûl, tandis que les plus pauvres restaient sur leur faim. Paul rappelle alors ce qu’est ce repas et la révérence qu’il demande.
Un seul pain, un seul corps
Le pain rompu et la coupe partagée ne sont pas de simples signes : ils font communier au corps et au sang du Christ. « La coupe de bénédiction que nous bénissons n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons n’est-il pas communion au corps du Christ ? » 1 Corinthiens 10:16 C’est cette communion au corps unique qui fait de la multitude un seul corps. Et parce qu’il n’y a qu’un seul pain, ceux qui le reçoivent, si nombreux soient-ils, deviennent un seul corps. « Puisqu’il y a un seul pain, à plusieurs nous ne sommes qu’un seul corps, car tous nous avons part à ce pain unique. » 1 Corinthiens 10:17 L’Eucharistie fait l’unité de l’Église : se diviser à la table du Seigneur contredit ce que cette table opère.
Ce que Paul a reçu du Seigneur
Pour redresser les Corinthiens, Paul rappelle l’origine de ce repas, en des mots qu’il a lui-même reçus et transmis. C’est le plus ancien récit écrit de l’institution de l’Eucharistie, antérieur aux évangiles : « Car voici ce que j’ai reçu du Seigneur, et ce que je vous ai transmis : le Seigneur Jésus, la nuit où il était livré, prit du pain, et, après avoir rendu grâce, il le rompit et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » » 1 Corinthiens 11:23-24 À la coupe, il ajoute la parole qui scelle l’alliance nouvelle : « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » 1 Corinthiens 11:25 Ces paroles ne fondent pas un simple souvenir : elles instituent le mémorial qui rend présent l’unique sacrifice du Christ, ce que le site expose à l’article de l’Eucharistie. Ce mémorial regarde à la fois la Croix et le retour du Seigneur : « chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. » 1 Corinthiens 11:26 L’Eucharistie annonce la mort qui sauve et tient l’Église dans l’attente de celui qui reviendra.
Discerner le corps
De là vient la gravité que Paul attache à ce repas. S’approcher de la Cène sans reconnaître ce qui s’y donne, c’est se rendre coupable envers le corps et le sang du Seigneur : « celui qui mange et boit sans discerner le corps mange et boit sa propre condamnation. » 1 Corinthiens 11:29 Discerner le corps, c’est reconnaître que sous le pain se donne le Christ lui-même, ce que l’article sur la présence réelle déploie plus longuement. Paul en tire l’exigence d’un examen préalable : « Que chacun donc s’examine lui-même, avant de manger de ce pain et de boire de cette coupe. » 1 Corinthiens 11:28 L’Église y lit la nécessité d’approcher la communion en état de grâce, le péché grave demandant d’abord la réconciliation. La table du Seigneur appelle donc la charité envers les frères et la révérence envers le don.