L’ordre de l’Église
Pour que les jeunes Églises tiennent après le départ de leurs fondateurs, il leur faut des chefs stables et éprouvés. Paul en fixe les conditions et confie à Timothée et à Tite le soin de les établir.
Des ministres éprouvés
Celui qui préside la communauté, que Paul appelle le surveillant, doit d’abord être un homme dont la vie ne prête pas le flanc au reproche : « Il faut donc que le surveillant soit irréprochable, mari d’une seule femme, sobre, pondéré, courtois, hospitalier, capable d’enseigner. » 1 Timothée 3:2 À côté de lui, des diacres servent la communauté, choisis avec le même soin. La formule « mari d’une seule femme » demande un homme d’un seul mariage : elle écarte celui qui s’est remarié, sans imposer d’être marié. Les premières communautés choisissaient souvent leurs chefs parmi des hommes mûrs, éprouvés dans leur foyer ; la discipline du célibat des prêtres s’est fixée plus tard dans l’Église latine. Ce ne sont pas des dons éclatants qui font un ministre, mais la droiture de sa vie et sa capacité d’enseigner sainement.
Établir des anciens
Cette charge se transmet par une institution. Cette institution a un geste précis : l’imposition des mains. Timothée tient sa charge d’un don reçu ainsi. « Ne néglige pas le don de grâce qui est en toi, celui qui t’a été donné par une parole prophétique, quand le collège des anciens t’a imposé les mains. » 1 Timothée 4:14 Paul lui rappelle ce même don, reçu « par l’imposition de mes mains » 2 Timothée 1:6. Ce geste, transmis d’âge en âge, est la matière du sacrement de l’Ordre et le lien de la succession apostolique. Paul rappelle à Tite la mission qu’il lui a laissée en Crète : « que tu achèves de tout organiser et que tu établisses des anciens dans chaque ville, selon mes instructions. » Tite 1:5 Le mot grec qui désigne ces anciens, presbyteroi, a donné notre mot prêtre ; on trouve ici l’un des fondements du sacerdoce ordonné et de la structure ministérielle de l’Église. On voit poindre ici les degrés que l’Église distinguera : l’épiscope (le surveillant), le presbytre (l’ancien) et le diacre. Aux origines, surveillant et ancien se recouvrent encore ; c’est un peu plus tard, chez Ignace d’Antioche, que l’évêque unique se détache nettement des prêtres et des diacres qui l’entourent.
Le mystère de la piété
Tout cet ordre a un seul but, garder et transmettre la foi. Et cette foi, Paul la ramasse en un bref cantique, l’une des plus anciennes professions chrétiennes, qui embrasse toute l’œuvre du Christ, de son entrée dans la chair à son élévation dans la gloire : « il est grand, le mystère de la piété : il a été manifesté dans la chair, justifié dans l’Esprit, contemplé par les anges, proclamé parmi les nations, cru dans le monde, élevé dans la gloire. » 1 Timothée 3:16