L’onction des malades
L’onction des malades est le sacrement par lequel le Christ vient soutenir et sauver ceux que la maladie grave ou la vieillesse épuise. Avec la pénitence, elle est l’un des deux sacrements de la guérison. Par l’onction d’une huile bénite et la prière de l’Église, il leur donne sa force, console leur cœur, remet leurs péchés et les unit à sa Passion.
Pour les malades et les personnes âgées
Longtemps appelée l’extrême-onction, cette onction s’adresse à tout fidèle dont la santé est sérieusement atteinte : dès le début d’une maladie grave, avant une opération importante, ou avec l’affaiblissement de la vieillesse. On peut la recevoir plusieurs fois, chaque fois que l’état s’aggrave ou qu’une nouvelle maladie sérieuse survient. Elle accompagne le malade tout au long de l’épreuve, sans attendre l’heure de la mort.
Le signe : l’huile et la prière
La matière est l’huile des malades, une huile d’olive bénite, dont le prêtre oint le front et les mains du malade ; la forme est la parole qui accompagne l’onction, demandant au Seigneur de le secourir et de le relever par la grâce de l’Esprit Saint. L’huile signifie ce que le sacrement opère : depuis l’Antiquité, on en versait sur les plaies pour les guérir et les adoucir, et l’on en frottait le corps pour le fortifier. « banda ses blessures en y versant de l’huile et du vin. » Luc 10:34 Le ministre est le prêtre ou l’évêque, seuls à pouvoir donner ce sacrement.
Le geste reçu du Seigneur
Le Christ a parcouru la Galilée en guérissant les malades, accomplissant la prophétie qui annonçait celui qui prendrait sur lui nos souffrances. « Il a pris nos faiblesses et porté nos maladies. » Matthieu 8:17 Il a donné à ses apôtres le même pouvoir, et ceux-ci « oignaient d’huile beaucoup de malades et les guérissaient. » Marc 6:13 L’Église a reçu d’eux ce geste, que l’Écriture décrit comme un sacrement confié aux prêtres. « L’un de vous est-il malade ? Qu’il appelle les anciens de l’Église, et qu’ils prient sur lui, après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; s’il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés. » Jacques 5:14-15 L’Église a toujours tenu ce geste pour un sacrement institué par le Christ, que l’apôtre Jacques ne fait que promulguer.
La grâce du sacrement
La grâce de ce sacrement réconforte le malade : elle lui donne la force, la paix et le courage de porter son épreuve en chrétien, et le relève intérieurement. Elle remet aussi ses péchés, surtout lorsqu’il ne peut plus les confesser, et peut obtenir la guérison du corps si Dieu la juge bonne pour le salut de l’âme. Plus profondément, elle unit le malade à la Passion du Christ : la souffrance offerte avec le Seigneur devient féconde et conduit à la gloire. « Si nous souffrons avec lui, c’est pour être glorifiés avec lui. » Romains 8:17
Le passage vers le Père
Pour celui qui approche de la fin, l’onction devient une préparation au dernier passage : elle l’affermit pour la rencontre avec Dieu et l’achemine vers la vie éternelle. À qui peut encore les recevoir, l’Église donne alors les derniers sacrements dans leur ordre : la pénitence, qui purifie l’âme, l’onction, qui la fortifie, puis l’eucharistie reçue en viatique, le pain du voyage qui nourrit le passage de cette vie au Père et demeure le dernier don du Seigneur.