L’homme de péché
La seconde lettre corrige un trouble. Dans leur ferveur ou leur peur, certains Thessaloniciens croyaient le jour du Seigneur déjà arrivé, et quelques-uns, dans cette attente fiévreuse, avaient cessé de travailler. Paul les avertit : ce jour ne viendra pas sans que deux choses le précèdent.
L’homme de péché
Avant la fin surviendra d’abord une apostasie, c’est-à-dire un abandon massif de la foi, puis se dévoilera un adversaire que Paul nomme l’homme de l’iniquité : « il faut d’abord que vienne l’apostasie et que se révèle l’homme de l’iniquité, le fils de la perdition. » 2 Thessaloniciens 2:3 Cet adversaire, que la tradition appelle l’Antichrist, portera l’orgueil à son comble, se dressant contre Dieu jusqu’à usurper sa place : « l’adversaire qui s’élève contre tout ce qu’on appelle Dieu ou qu’on adore, au point de s’asseoir lui-même dans le sanctuaire de Dieu, se présentant comme s’il était Dieu. » 2 Thessaloniciens 2:4 Ce titre de fils de perdition, l’Écriture ne le donne qu’à un seul autre, Judas le traître. Cette révélation est pour l’instant contenue : « Le mystère de l’iniquité est déjà à l’œuvre ; il faut seulement que disparaisse celui qui le retient jusqu’à présent. » 2 Thessaloniciens 2:7 Une force retient donc l’adversaire jusqu’au temps fixé ; la tradition y a reconnu tour à tour l’ordre du monde qui tient le mal en bride et la prédication de l’Évangile, qui doit d’abord atteindre les nations.
Vaincu par le souffle du Christ
Si redoutable qu’il paraisse, cet adversaire est déjà vaincu d’avance. Sa force n’est qu’un mensonge : il vient « par la puissance de Satan… avec toute une force de faux miracles, de signes et de prodiges » 2 Thessaloniciens 2:9, pour séduire ceux qui n’ont pas accueilli l’amour de la vérité. À ce refus, Dieu répond en les laissant au mensonge qu’ils ont choisi : « Dieu leur envoie une force d’égarement qui les fait croire au mensonge. » 2 Thessaloniciens 2:11 Dieu n’inspire pas l’erreur ; il abandonne à leur choix ceux qui ont fermé les yeux à la vérité. Sa révolte n’est que le dernier sursaut du mal avant la victoire du Christ, qui le renversera sans combat, du seul souffle de sa parole : « le Seigneur Jésus fera périr par le souffle de sa bouche et anéantira par l’éclat de sa venue. » 2 Thessaloniciens 2:8 L’histoire ne s’achève pas sur le triomphe du mal, mais sur celui du Christ.
Attendre en travaillant
Reste la leçon pratique. Attendre le retour du Christ n’autorise pas à déserter ses tâches ; c’est au contraire dans le travail fidèle de chaque jour que ce retour se prépare le mieux. Paul reprend fermement les oisifs : « si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. » 2 Thessaloniciens 3:10 L’espérance de la fin ne détourne pas de la terre ; elle donne son sens au labeur présent.