L’épître aux Éphésiens
L’épître aux Éphésiens a une ampleur particulière. Elle contemple le dessein tout entier de Dieu, conçu avant les siècles et accompli dans le Christ, et l’Église qui en naît.
Le dessein éternel de Dieu
Paul remonte au projet caché de Dieu, qu’il dévoile maintenant : rassembler l’univers dispersé sous une seule tête, le Christ. Le mot grec, anakephalaiōsasthai (ἀνακεφαλαιώσασθαι), dit « récapituler » : reprendre en un seul point, sous une seule tête, tout ce qui était dispersé. Le Christ récapitule ainsi en lui l’histoire entière et la création, redressant et rassemblant ce qu’Adam avait laissé se rompre. « ramener toutes choses sous un seul chef, le Christ, celles du ciel et celles de la terre. » Éphésiens 1:10 Dans ce dessein, Dieu nous a choisis avant la fondation du monde et destinés à devenir ses fils adoptifs : « Il nous a prédestinés à devenir ses fils adoptifs par Jésus Christ. » Éphésiens 1:5 Et à ceux qui croient, il donne dès maintenant l’Esprit Saint comme un acompte qui garantit l’héritage promis, la vie avec Dieu, et comme un sceau, la marque de ceux qui lui appartiennent : « vous avez reçu la marque du sceau de l’Esprit Saint qui était promis. » Éphésiens 1:13 Toute l’histoire tend vers cette unité : ce que le péché avait éparpillé, le Christ le rassemble et le réunit tout entier en lui, comme sous une seule tête. L’Église est le lieu où ce rassemblement commence déjà.
Sauvés par grâce
Cette œuvre est pur don de Dieu, et non le fruit de nos mérites : « c’est par la grâce que vous êtes sauvés, au moyen de la foi ; et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. » Éphésiens 2:8 Ce don appelle aussitôt l’agir : « Nous sommes son ouvrage, créés dans le Christ Jésus en vue des œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance pour que nous les pratiquions. » Éphésiens 2:10 La grâce précède et rend possibles les œuvres, qui sont son fruit et non son prix. Le premier effet de cette grâce est la paix entre les hommes que tout séparait. En sa chair, le Christ a jeté bas le mur qui dressait les Juifs contre les païens, et des deux il a fait un seul peuple : « c’est lui qui est notre paix, lui qui des deux peuples n’en a fait qu’un, abattant le mur qui les séparait. » Éphésiens 2:14
L’Église, corps et épouse
De ce peuple réconcilié, Paul dit deux choses. Il est un corps, dont le Christ est la tête, et dont les membres grandissent ensemble dans la charité. Cette unité tient à une source une, que Paul énumère : « Il y a un seul corps et un seul Esprit… un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous. » Éphésiens 4:4-6 C’est sur ce « un seul baptême » que l’Église fonde la reconnaissance d’un baptême unique, commun à tous les baptisés. Il est aussi une épouse, que le Christ a aimée jusqu’à se livrer pour elle. L’union de l’homme et de la femme dans le mariage est le signe visible de cette union du Christ et de l’Église : « Ce mystère est grand : je le dis en pensant au Christ et à l’Église. » Éphésiens 5:32 Le mot grec traduit ici par « mystère » a été rendu en latin par sacramentum, c’est-à-dire sacrement ; c’est l’une des raisons pour lesquelles l’Église a reconnu le mariage comme l’un des sept sacrements.
L’armure de Dieu
La vie chrétienne n’est pas un repos, mais un combat, non contre des hommes, mais contre les puissances du mal. Paul en donne les armes, empruntées à l’équipement du soldat : « Revêtez l’armure de Dieu, pour pouvoir tenir contre les manœuvres du diable. » Éphésiens 6:11 La vérité, la justice, la foi, la parole de Dieu sont la ceinture, la cuirasse, le bouclier et le glaive du croyant. Ce ne sont pas ses forces qu’il revêt, mais celles de Dieu.