L'Assomption de Marie
L'Assomption est le mystère par lequel Marie, au terme de sa vie terrestre, a été élevée corps et âme dans la gloire du ciel. Le mot vient du latin assumere, prendre avec soi, élever : Dieu a pris Marie auprès de lui tout entière, dans son âme et dans son corps. L'Église l'a proclamée dogme de foi en 1950, recueillant ce que la Tradition tenait depuis les premiers siècles.
Élevée par la puissance de Dieu
Le Christ est monté au ciel par sa propre puissance, le jour de l'Ascension ; Marie y a été élevée par la puissance de son Fils. C'est le sens même du mot : elle est assumée, reçue dans la gloire par Celui qu'elle avait porté. L'Église a laissé indéfinie la question de savoir si Marie a d'abord connu la mort. La Tradition ancienne parle de sa dormition, ce sommeil paisible au terme de sa vie, suivi aussitôt de son élévation.
La corruption, une suite du péché
La décomposition du corps dans le tombeau est une suite du péché : elle est entrée dans la condition humaine avec la faute des origines. « Tu es poussière, et tu retourneras à la poussière. » Genèse 3:19 Là où le péché demeure absent, cette corruption n'a aucune prise. Le Christ le montre : livré à la mort sans avoir connu le péché, descendu au tombeau, sa chair n'a pas connu la décomposition, et il est ressuscité le troisième jour. « Sa chair n'a pas vu la corruption. » Actes 2:31
Le corps de Marie préservé
Marie a été préservée de tout péché. Comblée de grâce, conçue sans le péché originel et sans faute durant toute sa vie, rien en elle n'appelait la corruption du tombeau. « Je te salue, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » Luc 1:28 La mort même, elle a pu la connaître à la suite de son Fils ; ce qui n'a eu sur elle aucune prise, c'est la décomposition de la chair. Cette chair avait donné sa propre substance au Christ et porté l'Auteur de la vie : il convenait qu'elle fût élevée tout entière dans la gloire, soustraite à la poussière, comme le corps de son Fils. Associée dès les origines à sa victoire sur le péché et la mort, Marie la partage la première et tout entière. « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne : elle t'écrasera la tête. » Genèse 3:15
La nouvelle Arche
L'Écriture annonce ce mystère sous le voile d'une figure. L'arche d'alliance, faite d'un bois incorruptible et recouverte d'or pur, portait les signes de la présence de Dieu au milieu de son peuple ; Marie a porté Dieu lui-même dans sa chair. Comme le bois de l'arche échappait à la pourriture, la chair de Marie échappe à la corruption : elle est la nouvelle Arche, demeure vivante du Seigneur, accueillie pour toujours dans le sanctuaire du ciel.
Les prémices de notre espérance
Ce que Marie vit déjà, tous les sauvés l'attendent. À la fin des temps, les corps des justes ressusciteront et seront unis à leur âme dans la gloire ; Marie est la première à connaître pleinement cette victoire, par avance et tout entière. En elle, la promesse faite à l'humanité est déjà accomplie. « La mort a été engloutie dans la victoire. » 1 Corinthiens 15:54 Élevée auprès de son Fils, elle apparaît dans la gloire du ciel comme l'image achevée de ce que Dieu prépare à ceux qui l'aiment. « Un grand signe parut dans le ciel : une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête. » Apocalypse 12:1 Couronnée, elle règne désormais comme Reine du ciel.