La restauration d’Israël
Après la chute de Jérusalem, la parole d’Ézéchiel se retourne vers l’espérance. Dieu commence par juger les mauvais bergers d’Israël, ses rois et ses chefs, qui se sont nourris du troupeau au lieu de le paître, laissant les brebis se disperser et devenir la proie des bêtes : « Malheur aux pasteurs d’Israël qui se paissent eux-mêmes. » Ézéchiel 34:2 Puis Dieu annonce qu’il prendra lui-même la place qu’ils ont trahie : « Me voici : je veux moi-même prendre soin de mes brebis et les passer en revue. » Ézéchiel 34:11 Il cherchera celle qui s’est perdue, ramènera l’égarée, pansera la blessée, fortifiera la malade. Et il donne à cette promesse un visage, celui d’un roi de la lignée de David : « Je leur susciterai un seul pasteur, mon serviteur David ; c’est lui qui les paîtra. » Ézéchiel 34:23 David est mort depuis des siècles : ce n’est donc pas lui, mais un descendant qui portera son nom et son règne. Ce berger unique, Dieu qui paît son peuple et roi fils de David, c’est le Christ, qui se nommera lui-même le bon berger : « Je suis le bon berger ; le bon berger donne sa vie pour ses brebis. » Jean 10:11
Le cœur nouveau et l’Esprit
La restauration promise n’est pas seulement un retour sur la terre : elle est un changement du dedans. Le peuple a désobéi parce que son cœur était de pierre, fermé à Dieu ; Dieu annonce qu’il le remplacera : « Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. » Ézéchiel 36:26 Et il précise d’où viendra ce pouvoir d’obéir enfin : de son propre Esprit, mis au-dedans de l’homme : « Je mettrai mon Esprit au-dedans de vous, et je ferai que vous marchiez selon mes lois. » Ézéchiel 36:27 Cette promesse s’accomplit dans le baptême, où l’eau lave le péché et où l’Esprit Saint est donné, faisant du croyant un homme nouveau, capable d’aimer et de suivre Dieu non plus par une loi extérieure, mais par un cœur transformé du dedans.
Les ossements desséchés
Vient alors la plus célèbre des visions. Dieu transporte Ézéchiel au milieu d’une vaste plaine couverte d’ossements desséchés, et lui demande : « Fils d’homme, ces ossements revivront-ils ? » Ézéchiel 37:3 Sur l’ordre de Dieu, le prophète prophétise sur eux : les os se rapprochent, se couvrent de nerfs, de chair et de peau, puis le souffle entre en eux et ils se dressent, une armée immense et vivante. Le sens premier est donné aussitôt : ces ossements sont la maison d’Israël, que l’exil a comme tués, et que Dieu va faire renaître en la ramenant sur sa terre : « Je vais ouvrir vos tombeaux et vous ramener sur la terre d’Israël. » Ézéchiel 37:12 Mais l’image porte plus loin : ce que Dieu montre ici, sa puissance de rouvrir les tombeaux et de faire revivre les morts, annonce la résurrection des corps. Le Christ l’accomplit le premier en ressuscitant, et il promet à tous les siens la résurrection de la chair au dernier jour.
Un seul peuple, une seule alliance
Ézéchiel réunit alors dans sa main deux morceaux de bois : l’un porte le nom de Juda, l’autre celui de Joseph. Ils symbolisent les deux royaumes séparés depuis le schisme, celui du Sud et celui du Nord, et Dieu déclare qu’il n’en fera qu’un : « Je ferai d’eux une seule nation, et un seul roi régnera sur eux tous. » Ézéchiel 37:22 Le peuple divisé sera rassemblé sous le berger unique, et Dieu conclura avec lui une alliance de paix qui ne finira pas : « Ma demeure sera au-dessus d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. » Ézéchiel 37:27 Cette unité du peuple de Dieu sous un seul roi s’accomplit dans l’Église, où tous les peuples sont rassemblés en un seul corps sous le Christ.
Gog et la victoire finale
Un dernier tableau ferme cette section. Dieu annonce l’assaut de Gog, un chef venu du pays de Magog, du lointain nord, qui montera contre Israël enfin rétabli et en paix, à la fin des temps : « À la fin des années, tu viendras contre le peuple rassemblé d’entre les nations. » Ézéchiel 38:8 Dieu lui-même écrase Gog et le détruit par le feu. Cette prophétie regarde la fin de l’histoire : l’Apocalypse reprend les noms de Gog et Magog pour désigner les nations que Satan rassemblera en un dernier assaut contre le peuple de Dieu, avant d’être vaincues pour toujours. Gog figure ainsi l’ultime déchaînement du mal, et sa défaite annonce la victoire définitive de Dieu.